L'espace adjacent à ce cargo sera renforcé d'ici le 15 juin afin d'assurer la poursuite du transbordement des marchandises au quai commercial de Matane.

Solution temporaire au quai commercial de Matane

MATANE — Transports Canada étire de quelques années la capacité portante du quai commercial de Matane en débloquant 1,5 million $ pour l’installation de structures modulaires qui permettront aux utilisateurs de continuer à charger des navires en attendant des réparations permanentes.

Cet octroi d’urgence fait suite à deux études, dont la dernière datant de février, révélant que la capacité portante du quai commercial se détériore vite. Si rien n’avait été fait, cette situation aurait pu mener dès l’été à un arrêt du transbordement de marchandises par les utilisateurs locaux, dont l’usine de pâte à papier de Rayonier, Béton Provincial, Marmen et CEG.

L’étude de février avait révélé que la structure de béton située entre le hangar et l’espace d’amarrage des cargos était plus endommagée que prévu. Ce quai de Transports Canada a été ouvert en 1971 et il n’a pas subi de mise à niveau majeure depuis 48 ans.

«Les structures modulaires, c’est le résultat de la mobilisation du milieu des affaires», précise Jean Langelier, de la Coalition urgence port de Matane, en parlant de la solution développée au cours des dernières semaines par l’un des utilisateurs du port, la firme CEG.

«Il faudra enlever l’asphalte et les modules reposeront à côté des structures de béton, sur le gravier et sur les pieux, puisqu’il s’agit d’un quai sur pilotis», précise le député fédéral d’Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia, Rémi Massé.

Les utilisateurs du port de Matane ajoutent 166 500 $, soit 10 % de la facture totale, à la contribution fédérale. Les structures amovibles seront fonctionnelles le 15 juin et elles serviront à maintenir les activités même pendant la reconstruction du quai.

Du fédéral au provincial

Le port de Matane sera cédé par Transports Canada au gouvernement du Québec le 30 mars 2020. Il fait partie des quatre ports du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie dont Transports Canada veut se départir depuis plusieurs années. Gros-Cacouna, Rimouski et Gaspé sont les autres ports.

L’entente de transfert des quatre ports entre Transports Canada et Transports Québec est assortie d’une enveloppe de 163 millions $ payée par le gouvernement fédéral afin de réaliser des travaux de mise à niveau. «Les travaux seront réalisés par le gouvernement du Québec après le transfert de propriété», note M. Massé.

La ventilation pour chacun des ports n’a pas encore été annoncée, mais le député Massé précise que le montant dévolu à Matane est le plus important. Il n’en donne pas l’ampleur, mais selon les renseignements obtenus par Le Soleil, le montant s’élèvera à 58 millions $.

Les structures amovibles pourraient être utilisées pendant les cinq à sept prochaines années. Jean Langelier note que ce n’est pas un délai surprenant.

«Il faut faire l’analyse des besoins du port au 21siècle. Les navires d’aujourd’hui ne sont pas les navires de 1971. Il faudra peut-être agrandir la surface d’entreposage, agrandir l’aire d’accostage, réaliser l’analyse des besoins, faire les plans et devis, les études environnementales, passer au processus de soumissions et la construction. Cinq ans, on ne se trompe pas beaucoup», dit-il.

La firme Marmen reçoit occasionnellement de l’acier au port de Matane et souhaite un jour y expédier des tours éoliennes, notamment pour des parcs en mer.