Une vingtaine de personnes, dont une dizaine de vétérinaires, ont procédé à la nécropsie de la baleine noire, connue sous le nom de Clipper.

Sixième baleine noire trouvée morte: nécropsie à Cloridorme

CLORIDORME — Lundi, une sixième carcasse a été transportée sur la plage de Cloridorme, non loin de Gaspé, où des scientifiques ont procédé à sa nécropsie.

Le cadavre flottant de la baleine, identifiée sous le nom de Clipper, a été repéré par les avions de surveillance de Pêches et Océans Canada, mercredi, dans le golfe du Saint-Laurent. La baleine dérivait à environ 60 milles nautiques [environ 100 km] à l’est de Gaspé, à mi-chemin des Îles-de-la-Madeleine. Samedi, un premier bateau de la Garde côtière canadienne l’a remorqué vers le port de Rivière-au-Renard. Lundi, un deuxième navire de la Garde côtière l’a toué jusque dans le secteur de Grand Étang, à Cloridorme. 

Une vingtaine de personnes, supervisées par le ministère fédéral, sont débarquées lundi pour entreprendre la nécropsie du mastodonte, dont le poids serait d’environ 40 tonnes. «C’est un travail important, souligne le directeur régional pour le Réseau canadien de la faune, Stéphane Lair. On est deux groupes de pathologistes : une équipe qui vient de la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal et l’autre, qui vient de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard. On travaille ensemble. Il y a aussi des bénévoles du Réseau québécois d’urgence pour les mammifères marins.» Des experts provenant des États-Unis, qui connaissent cette baleine, devaient aussi se rendre sur les lieux, mais personne ne les a vus.

Clipper est une femelle d’environ 16 ans qui a déjà eu un veau. Les spécialistes ont pu confirmer que son décès n’était pas associé à des engins de pêche, tels des casiers de crabe ou de homard. Ils ont aussi pu constater qu’elle ne souffrait d’aucune fracture. «On prend des échantillons qu’on va ramener au laboratoire, indique l’expert. Des examens microscopiques seront faits de certains tissus pour déterminer si l’animal était infecté par une maladie infectieuse, un virus ou une bactérie.» En se fiant sur l’état de décomposition, Stéphane Lair estime que le cétacé serait mort depuis environ une semaine. 

Partie de queue amputée

Une partie de la queue de la baleine était amputée, possiblement par une hélice de bateau, de l’avis de M. Lair. «C’est une lésion qui était connue depuis longtemps et qui était complètement guérie, précise M. Lair. C’est un animal qui ne semble pas en mauvais état corporel. Il semblait s’être adapté à son handicap.»

Sur la fin de la journée, lundi, les scientifiques n’étaient pas en mesure d’expliquer la mort de l’animal. Un rapport préliminaire sera déposé dans quelques jours. Même si Clipper ne portait aucune blessure apparente, une collision avec un navire n’est pas complètement écartée, bien que beaucoup moins évidente que les deux dernières baleines noires retrouvées mortes.

La population de baleine noire est évaluée à environ 400 individus. L’année 2017 a marqué un triste record avec 17 carcasses. L’an dernier, aucune mortalité n’a été recensée. Depuis le début de cette saison, la découverte d’une sixième dépouille a de quoi inquiéter. «Si le taux de mortalité continue comme ça, la population va disparaître, c’est certain», croit M. Lair.