Sept-Îles inaugure sa nouvelle prison

Le moment était attendu depuis presque 30 ans. Le ruban d'inauguration du centre de détention flambant neuf de Sept-Îles a enfin été coupé, jeudi.
Les détenus migreront du sous-sol du palais de justice, où se trouve la prison provinciale existante, à l'établissement offrant le double de place «d'ici le printemps», a assuré le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux. «On parle ici d'installations modernes, de plus grande qualité et plus sécuritaires pour tout le monde qui y travaille», a-t-il vanté.
Sept-Îles rêvait d'une première pelletée de terre depuis 1989. Le projet de construction d'une nouvelle prison a d'ailleurs été annoncé à plus d'une reprise. C'est finalement sous le gouvernement de Pauline Marois que le feu vert a été donné, en septembre 2013. Les travaux de 90,9 millions $, réalisés «dans le respect du budget», ont été lancés en 2015.
Le bâtiment qui compte trois pavillons d'hébergement accueillera jusqu'à 55 détenus, c'est 28 places de plus que la prison actuelle. «Les besoins étaient plus grands que ce qu'on avait au palais de justice», admet le ministre Coiteux, qui soutient que le nombre de détenus «envoyés à l'extérieur» pourra être réduit.
Leurs services seront aussi rehaussés notamment avec l'aménagement de classes de formation ou d'ateliers de travail parce que «l'objectif ultime, c'est la réinsertion sociale», martèle-t-il. Un total de 16 places a aussi été créé pour les peines discontinues et quatre femmes pourront aussi être admises à la nouvelle prison.
Une salle destinée à la clientèle autochtone, favorisant l'approche communautaire, a également été aménagée.
Clientèle autochtone
Un soin particulier a également été apporté pour l'accueil de prisonniers autochtones qui pourront suivre des programmes adaptés à leur culture. Une grande salle leur est d'ailleurs destinée, dans laquelle sont aménagées plusieurs places disposées en cercle, favorisant l'approche communautaire.
«Nous sommes ouverts à toutes sortes de suggestions», a précisé Jean-François Longtin, de la direction des Services correctionnels, expliquant que des démarches s'effectueront aussi avec les communautés pour «développer les services». Aucun représentant du conseil de Uashat mak Mani-Utenam n'était néanmoins présent lors de l'inauguration.