La pêche au crabe dans le sud du golfe s’amorce une semaine avant celle de 2019
La pêche au crabe dans le sud du golfe s’amorce une semaine avant celle de 2019

Saison du crabe prometteuse à l’horizon 

CARLETON — Le coup d’envoi de la saison de crabe des neiges dans la plus grande zone accessible aux Québécois, la zone du sud du golfe Saint-Laurent, a été donné vendredi à 9h. Le prix de départ donné aux pêcheurs, 3 $ la livre, est nettement inférieur aux 5 $ de 2019, mais un ajustement en fin de saison est assuré. L’an passé, le prix moyen s’est établi à 5,75 $.

Cette ouverture sur fond de crise de COVID-19 est toutefois plus prometteuse pour le moment dans le crabe des neiges que dans la crevette et le homard. Le vice-président de la firme E. Gagnon et Fils, Bill Sheehan note que plusieurs facteurs favorisent le crabe.

«Entre 60 et 75 % des ventes de crabe se font dans le marché du détail, dans les supermarchés et les poissonneries. Ce segment de marché est en feu parce que les gens ne vont plus au restaurant. Une très grande partie de notre marché, peut-être 95 %, est situé aux États-Unis et au Japon. Dans les deux cas, les inventaires de produits congelés sont presque nuls», dit M. Sheehan.

«Dans le homard, c’est la proportion inverse qui est vendue au détail. Le homard est vendu surtout dans les hôtels, les casinos et les navires de croisières, des endroits arrêtés pour le moment», ajoute-t-il.

Le taux de change entre les dollars canadien et américain est un autre avantage cette année dans le crabe, étant donné l’ampleur des exportations.

«Le taux de change était de 1,30 $ un dollar américain pour 1,30 $ canadien] et c’est 1,40 $ cette année», signale M. Sheehan.

Le marché japonais a repris de la vigueur depuis quelques années, puisque E. Gagnon et fils y envoie de 20 à 25 % de sa production, comparativement à 10 % il y a 10 ans.

«La crise de la COVID est plus avancée là-bas. Les acheteurs ont déjà fait leur quarantaine et ils sont prêts à venir et négocier, même s’ils doivent faire une autre quarantaine ici», explique M. Sheehan.

Le quota de la zone 12 s’établit à 27 000 tonnes métriques, seulement 1,2 % de moins qu’en 2019. C’est dans la frange supérieure, si on tient compte des 20 dernières années. Les crabiers gaspésiens et madelinots ont droit à environ 30 % de ce quota, donc autour de 8000 tonnes.

Modifications en usine

L’usine d’E. Gagnon et fils devrait transformer la moitié de ce volume, avec 400 travailleurs en production et près de 200 dans les secteurs connexes des débarquements, de l’administration, du transport et de la réception d’une autre espèce, le homard, quand cette pêche démarrera.

«Nous avons transformé 8,9 millions de livres de crabe l’an passé et on s’attend à un volume semblable cette année», dit M. Sheehan.

En raison de la crise du coronavirus et de quelques cas d’infection déclarés parmi les travailleurs il y a trois semaines, cette usine a subi quelques modifications, tout comme les méthodes de travail.

«Il y a du plexiglas entre les travailleurs partout où la distance de deux mètres ne peut être respectée. Tous les travailleurs ont été équipés de gants, de masques et de visières», dit Bill Sheehan. Les mouvements de personnel entre les différentes divisions de la firme, à savoir l’usine, le bureau, le garage, l’expédition et les quais sont interdits ou réduits au minimum.

«Nous avons embauché cinq agents de sécurité pour le quart de jour et cinq pour le quart de nuit. Ces mesures vont entraîner une perte de production, mais on ne sait pas de combien», précise-t-il.

L’absence de la cinquantaine de travailleurs mexicains attendus avant la pandémie limitera notamment la capacité de l’usine de remplir des commandes pour la clientèle japonaise, qui favorise les petits contenants.

La pêche au crabe dans le sud du golfe s’amorce une semaine avant celle de 2019, ce qui devrait limiter les interactions avec les baleines noires.