Pour le maire de Sainte-Anne-des-Monts, Simon Deschênes, la rupture de services en anesthésiologie à l’hôpital n’est qu’un des symptômes d’un malaise beaucoup plus large.

Sainte-Anne-des-Monts privée d’anesthésiste

MATANE — L’histoire se répète à Sainte-Anne-des-Monts, en Haute-Gaspésie. Jusqu’à mercredi, il n’y a aucun anesthésiologiste dans l’hôpital. Les patients requérant une chirurgie et les femmes qui doivent accoucher sont redirigés vers l’hôpital de Matane, à 90 km de là. En fonction d’où ils se trouvent, certains accidentés peuvent aussi être transférés à Gaspé.

«On met encore en péril la santé des gens de chez nous puisqu’en les envoyant ailleurs, on augmente les délais d’intervention», déplore le maire de Sainte-Anne-des-Monts, Simon Deschênes.

Pour l’élu, cette situation n’est que l’un des symptômes d’un malaise beaucoup plus général : le manque criant de services de santé à l’hôpital local. Comment attirer des médecins spécialistes à Sainte-Anne-des-Monts? «C’est mon cheval de bataille, insiste le maire Deschênes. Le plan de développement de la Haute-Gaspésie et de Sainte-Anne-des-Monts, ça passe aussi par les services hospitaliers.»

L’élu réitère la nécessité que le transport par avion-ambulance puisse se faire à partir de l’aéroport municipal. «Quand on a une rupture d’anesthésiste, ça pourrait mieux passer si on avait le service aérien pour les cas d’évacuation urgente, mentionne M. Deschênes. Actuellement, comme on n’a pas ce service-là, c’est sûr qu’on met notre population en danger.»

À son avis, la découverture de services de son hôpital s’inscrit dans un spectre beaucoup plus large. «Le système de santé ne tourne pas rond au Québec, croit-il. Mais, en Gaspésie, il tourne vraiment carré!» 

Simon Deschênes fait un parallèle avec l’événement survenu dans la nuit du 23 au 24 novembre dans la Baie-des-Chaleurs, alors qu’une ambulance transportant un homme en arrêt cardiorespiratoire a été dirigée vers l’hôpital de Maria, situé à 57 km, plutôt qu’au CLSC de Paspébiac, qui est à 22 km. Le décès du septuagénaire a été constaté à l’urgence de Maria. 

À la suite de cet événement, une infirmière a été suspendue. «Ce qui est arrivé à Paspébiac, tôt ou tard, ça va nous arriver, appréhende le maire Deschênes. S’il n’y a pas d’anesthésiste à Sainte-Anne-des-Monts, j’espère qu’on ne donnera pas des responsabilités supplémentaires à des infirmières qui vont prendre des décisions qui pourraient les mettre dans le pétrin!


Ce qui est arrivé à Paspébiac, tôt ou tard, ça va nous arriver
Simon Deschênes, maire de Sainte-Anne-des-Monts

Vacances des Fêtes

Avec les vacances du temps des Fêtes qui approchent, Simon Deschênes craint que la situation ne se répète dans les prochaines semaines, comme c’est arrivé, l’an dernier, à l’hôpital de Matane. D’ailleurs, le maire se demande encore pourquoi les patients qui se présentaient à l’hôpital de Matane étaient redirigés vers Rimouski au lieu de Sainte-Anne-des-Monts. Un patient provenant de Grosses-Roches ou des Méchins est beaucoup plus proche de Sainte-Anne-des-Monts que de Rimouski. «Jamais cette solution-là n’a été envisagée, se désole-t-il. Pourquoi? Parce qu’on n’est pas bons?»

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Gaspésie prévoit une rupture de services en anesthésiologie à l’hôpital de Chandler pour la semaine du 29 décembre. «On continue nos efforts pour trouver un anesthésiologiste pour cette période», assure l’adjointe aux relations avec les médias, Geneviève Cloutier.