Yvette Lavallée, de Gaspé, et Dorothée Jacob, de Cap-Santé, font le tour de la Gaspésie à vélo, une activité extrêmement populaire cet été.
Yvette Lavallée, de Gaspé, et Dorothée Jacob, de Cap-Santé, font le tour de la Gaspésie à vélo, une activité extrêmement populaire cet été.

Ruée vers la Gaspésie... sur deux roues

Simon Carmichael
Simon Carmichael
Initiative de journalisme local - Le Soleil
Entre mer et montagnes, la péninsule gaspésienne a toujours été une destination de choix pour les cyclistes ayant envie d’aventure. Mais cette année, ils semblent avoir été plus nombreux que jamais à avoir relevé le défi de faire le tour de la Gaspésie à vélo, avec ou sans préparation.

«Vraiment, les paysages ici sont à couper le souffle», s’éblouit Donald Grégoire, un Gatinois rencontré à L’Anse-Pleureuse tout juste avant les fameuses côtes de Madeleine, bien connues pour leur sévérité. «Ça ne me stresse pas, quand je suis en vélo, j’ai la paix» lance-t-il, serein. Après avoir arpenté les routes de l’Asie et l’Europe en entier, sauf la Hongrie et la Norvège, vous dirait Donald, c’est aujourd’hui un véritable périple autour du Québec qu’il mène.

Parti de l’Outaouais il y a quelques semaines, l’homme conclura bientôt un voyage de deux mois dans l’est de la province. Après Chicoutimi et Baie-Comeau, la dernière étape avant le retour : le tour de la Gaspésie. En temps normal, c’est la Grèce qu’il aurait dû sillonner cet été. «C’est la première fois que je mets les pieds ici. Je n’avais jamais vraiment pris le temps de venir en Gaspésie. La pandémie a juste été un prétexte pour moi», raconte le coloré voyageur.

S’il est absolument épaté par la qualité du réseau cyclable gaspésien, Donald se dit encore plus surpris du nombre d’autres cyclistes qu’il a croisé depuis qu’il est descendu du traversier à Matane. «Il y a quatre ou cinq fois plus de touristes à vélo qu’au Saguenay ou sur la Côte-Nord. Je n’ai jamais vu ça, même en Europe», note-t-il.

Même son de cloche pour Dorothée Jacob, de Cap-Santé, et Yvette Lavallée, de Gaspé. Les deux femmes sont des habituées des voyages à vélo, du moins si on en croit leurs dossards qui rappellent un séjour qu’elles ont fait en Loire il y a quelques années. Yvette a déjà fait de tour de la Gaspésie plusieurs fois, à pied comme à vélo. C’est la première fois qu’elle croise autant de cyclistes sur les routes ceinturant la péninsule. «C’est vraiment agréable, explique Dorothée. Les gens ne sont pas pressés alors on discute souvent avec d’autres cyclistes quand on prend une pause.»

Sur un coup de tête

Le propriétaire de la boutique Biseak de Saint-Anne-des-Monts, Clément Vallée, a aussi remarqué une hausse du nombre de touristes parcourant la péninsule sur deux roues. «Ç’a été complètement fou cet été, rapporte-t-il. On a vraiment senti qu’il y a eu un engouement pour le cyclotourisme.»

Parmi ses clients, de nombreux jeunes voyageurs qui ont décidé de faire le tour de la Gaspésie sans vraiment se préparer. «On sent qu’il y a beaucoup de gens qui ont décidé de faire ça un peu à la dernière minute, sans trop de préparation», note-t-il. C’est le cas d’Adèle et Justine, deux étudiantes qui ont quitté Québec il y a cinq jours.

«On était supposées aller aux États-Unis cet été, mais on a dû annuler. Justine m’a envoyé un message pour aller faire le tour de la Gaspésie à vélo, j’ai dit oui et on est parties trois jours plus tard!», raconte Adèle en reprenant son souffle. Armées de leur tente, de bouteilles d’eau et de vélos achetés sur les petites annonces, les deux filles n’ont pas hésité à se lancer dans leur premier voyage en tant que cyclistes. «Je pense que c’est quelque chose à vivre. C’est vraiment une autre façon de visiter un endroit, et la Gaspésie est parfaite pour ça», s’exclame Justine avant de reprendre la route, direction Petite-Vallée.

Même sans un équipement professionnel et un entraînement poussé, faire le tour de la Gaspésie reste possible selon Clément Vallée, à condition de se donner le temps. «On a eu quelques personnes qui voulaient faire le tour en quatre ou cinq jours. Disons que ça nous est arrivé de mettre des vélos dans des boîtes et voir les gens prendre l’autobus», raconte Clément, amusé. Mais selon lui, dans tous les cas, c’est l’intention qui compte. «Au pire, ça fera une bonne histoire à raconter», conclut-il.