Les marguilliers Victor Lepage, Nathalie Leblond et Jean-Charles Lechasseur dénoncent le fait que le presbytère Saint-Germain ait été dépouillé de ses biens et «l’état inacceptable dans lequel leurs bureaux ont été laissés».

Rimouski, une paroisse sens dessus dessous

RIMOUSKI — La paroisse Saint-Germain de Rimouski est sens dessus dessous : quatre marguilliers ont remis leur démission et le presbytère a été dépouillé de ses biens. Le conseil de fabrique, qui est responsable de la cathédrale, se retrouve sans moyens financiers ni personnel administratif. Pour les quatre marguilliers qui restent, ce sont autant de raisons pour crier à l’injustice.

«L’archevêché de Rimouski est en crise», lance le marguillier Jean-Charles Lechasseur. Cette situation découle, selon les quatre marguilliers, de l’adoption des décrets adoptés en avril par l’archevêque de Rimouski, Mgr Denis Grondin, qui a redéfini les limites de la paroisse Saint-Germain, pour envoyer une bonne partie de son territoire dans une nouvelle paroisse qu’il a créée, dénommée Bienheureuse Élisabeth-Turgeon. Par le fait même, la paroisse Saint-Germain devenait orpheline de prêtre et de paroissiens.

«Le décret vient attaquer l’intégrité des paroissiens de Saint-Germain, croit M. Lechasseur. On est en situation de démembrement. La paroisse s’est fait dépouiller de ses paroissiens au profit de la paroisse Bienheureuse Élisabeth-Turgeon.»

Les quatre marguilliers dénoncent aussi le fait que le budget du conseil de fabrique ait été transféré à l’archevêché. «Lors de la fusion de la paroisse Sainte-Agnès avec la nôtre, il y a 212 000 $ qui ont disparu, soutient M. Lechasseur. Je ne dis pas qu’il y a eu malversation, mais on ne sait pas où c’est passé.»

La cathédrale, fermée depuis bientôt quatre ans, n’est plus assurable parce qu’elle requiert des réparations trop importantes. De l’avis de M. Lechasseur, 40 000 $ ont été versés en ristournes à la fabrique par la compagnie d’assurances, mais le conseil n’en a jamais vu la couleur.

Un autre marguillier croit que l’archevêché aurait les moyens de payer les réparations requises. «L’archevêché a 38,5 millions $», soutient Victor Lepage. L’homme croit aussi qu’en vendant les églises Saint-Pie-X et Saint-Robert de Rimouski, la cathédrale pourrait être rénovée. «On est dans une situation où l’archevêché est prêt à donner la cathédrale au premier venu, sans être intéressé à donner un seul sou», se désole M. Lechasseur.

«Le problème, c’est que l’archevêque est mal entouré», renchérit la marguillière Nathalie Leblond. «Il a un entourage toxique», continue M. Lechasseur. 

Les quatre marguilliers dénoncent également le fait que le presbytère Saint-Germain ait été vidé de la majorité de ses meubles et de son matériel de bureau, sans compter «l’état inacceptable dans lequel leurs bureaux ont été laissés». «C’est la désolation, s’exclame M. Lechasseur. On nous a laissé ça dans un état pitoyable! En plus de ne plus avoir de personnel administratif, on nous a coupé le téléphone!» «Ils ont déménagé les plus beaux meubles et la vaisselle antique, s’indigne Mme Leblond. Nos archives sont aussi parties!» La dame raconte que des chapelets, des bréviaires, des crucifix et des cadres religieux ont été jetés dans le conteneur à déchets. «Je les ai récupérés avec un témoin», précise-t-elle. 

Les mêmes marguilliers déplorent l’ambiance défavorable dans laquelle ils doivent œuvrer. Victor Lepage dit avoir eu recours aux services d’un avocat pour que son élection soit reconnue comme légale. «Ça m’a coûté 1200 $ de ma poche pour être bénévole», raconte-t-il.

Malgré le climat hostile, Jean-Charles Lechasseur estime qu’ils ne sont pas en guerre contre personne. «Il faudrait rétablir les ponts entre l’archevêché et la fabrique Saint-Germain», souhaite-t-il.

Le Soleil a tenté d’obtenir l’opinion de l’archevêché et du conseil de fabrique de la paroisse Bienheureuse Élisabeth-Turgeon, mais sans succès.