La composition de la dette de la cimenterie de Port-Daniel change, et Ciment McInnis investit dans de nouvelles installations.

Refinancement de 500 millions $ pour Ciment McInnis

PORT-DANIEL – Ciment McInnis vient de compléter un refinancement de 500 millions $ afin de rembourser des prêts contractés en 2016 et pour investir dans des infrastructures additionnelles. Ce refinancement est effectué sans injection de capitaux d’Investissement Québec.

Une tranche de 300 millions (M) $ de ce refinancement consiste en une augmentation du prêt senior initialement consenti par un syndicat de 11 banques canadiennes et internationales, à l’aube de la construction de la cimenterie de Port-Daniel, en mai 2014.

De plus, un bloc de capital de 200 M$, sous forme de prêt, est consenti par la Caisse de dépôt et de placement du Québec et par le conglomérat Beaudier, à raison de 150 M$ et 50 M$ respectivement.

Beaudier constituait l’actionnaire de contrôle initial du projet, mais il a été remplacé en août 2016 par la Caisse de dépôt et de placement du Québec, à la suite d’un dépassement de coût de 444 M$ lors de la construction du complexe de Port-Daniel.

Ce dépassement de coût avait alors nécessité l’injection de 250 M$ supplémentaires dans le projet, dont un prêt de 125 M$ venant de BlackRock Alternative Capital, une firme américaine. Comme il s’agissait d’une débenture, un prêt sans bien en garantie, il était caractérisé par un taux d’intérêt élevé.

«Nous avons remboursé le solde du prêt de BlackRock», précise Yann Langlais-Plante, porte-parole de la Caisse de dépôt et de placement du Québec (CDPQ). Il précise que le refinancement de 500 M$ ne constitue pas une façon de réparer le dépassement de coût de 2016.

«On ne peut le voir comme ça. C’est la bonne performance du projet qui explique le refinancement. On ajoute des silos, des terminaux de réception. On est dans une perspective de soutien de la croissance», précise M. Langlais-Plante.

Investissement Québec, qui a versé 100 M$ dans l’équité et qui a accordé un prêt de 250 M$ à Ciment Mcinnis, «a procédé à certains ajustements à la structure de sa dette tout en conservant un rang prioritaire dans la structure de capital d’un projet dont le risque opérationnel et financier a diminué de façon importante» dit-on dans un communiqué. Dans ce refinancement, le gouvernement du Québec ne réinvestit donc aucune somme.

Une partie appréciable des 500 M$, environ 40 % bien que M. Langlais-Plante refuse de confirmer cette proportion, servira donc à agrandir certaines installations de Ciment McInnis.

La capacité d’accueil du terminal maritime du Bronx à New York a été doublée quant à la réception de camions. Un nouvel entrepôt de 40 000 tonnes métriques est actuellement en construction au terminal de Providence, ce qui porte sa capacité totale à 75 000 tonnes. On y retrouvera aussi une nouvelle voie de chargement de camions.

Ciment McInnis ajoutera de plus au cours de l’automne deux nouveaux silos à Port-Daniel-Gascons, un chantier qui mobilisera 200 personnes. La compagnie confirme en outre le nolisement d’un troisième navire auto-déchargeur pour le transport du ciment, le NACC New Yorker, qui joindra le NACC Québec, le Cielo di Gaspesie.

L’équipe de planification de Ciment McInnis réalise aussi l’ébauche d’une cour de triage en prévision du retour du service ferroviaire à Port-Daniel, dans environ 18 mois. Des terminaux satellites devraient s’ajouter dans le nord-est américain.

«L’ensemble de la production de 2019 est vendu. Si on produisait plus, on vendrait plus », précise Maryse Tremblay, porte-parole de Ciment McInnis.

90 000 tonnes

Le rythme mensuel de production de l’usine de Port-Daniel augmente régulièrement, dit-elle. «En 2017, nous avons produit 40 000 tonnes par mois, et en 2018, c’est passé à 90 000 tonnes. On dépasse cette moyenne depuis le début de 2019 malgré l’arrêt de production du début de l’année».

La production prévue de la cimenterie de Port-Daniel s’établira à 2,3 millions de tonnes par an, quand l’usine aura atteint sa vitesse de croisière. C’est l’équivalent de 190 000 tonnes métriques par mois.

La cimenterie procure du travail à 153 personnes directement. L’investissement pour la construire et débuter la production a atteint 1,5 milliard $, en comptant les terminaux érigés dans l’ouest du Québec, en Ontario et aux États-Unis.