Québec reconnaît que l'insularité confère un caractère unique aux Îles-de-la-Madeleine.

Reconnaissance d'un caractère unique: moment historique pour les Îles

Le décret signé par le premier ministre Philippe Couillard, qui reconnaît le caractère unique des Îles-de-la-Madeleine, s'inscrit dans l'histoire de ces habitants qui occupent un territoire situé en plein coeur du golfe du Saint-Laurent. C'est ce qu'en pensent le député Germain Chevarie et le maire Jonathan Lapierre.
«C'est un décret qui met l'insularité dans les politiques gouvernementales», a expliqué le premier ministre lors de sa visite de jeudi aux Îles. «Ça veut dire qu'il est maintenant obligatoire pour les ministères et organismes du gouvernement de tenir compte du caractère insulaire et des contraintes que vous avez ici, dans l'agglomération des Îles-de-la-Madeleine.»
Les Madelinots réclamaient et attendaient ce statut particulier depuis plus de trois décennies. Par ce décret, les programmes de l'État devront s'adapter à la réalité de ce territoire, dont l'isolement contribue à un coût de la vie plus élevé.
Parmi les dépenses exorbitantes, notons le billet d'avion qui se détaille à environ 1500 $ aller-retour chaque fois qu'un citoyen des Îles sort de l'archipel. Pour les Madelinots, le transport par avion et par bateau n'est pas un luxe. Ils sont dépendants de ces liens qui, de surcroît, sont souvent instables. Selon le député des Îles, Germain Chevarie, il en coûte 2 millions $ par année au Centre intégré de santé et de services sociaux de l'endroit pour offrir à sa clientèle des services de santé spécialisés à l'extérieur. Par ailleurs, l'envoi de leurs déchets par bateau représente, à lui seul, 17 % du budget de la municipalité. 
«C'est le jour un de l'avenir des Îles, estime le député Chevarie, en reprenant les paroles du directeur général de la Chambre de commerce locale, Sony Cormier. C'est avec beaucoup de fierté et d'honneur qu'on a réussi à faire reconnaître ce statut particulier.»
30 ans de combat
Le maire des Îles partage le même enthousiasme, qualifiant ce décret de «victoire et de grand jour» pour sa population. «Ça fait plus de 30 ans qu'on demande un statut particulier», rappelle Jonathan Lapierre. Pour l'instant, les insulaires ne s'en verront pas plus riches financièrement ou n'auront pas de tarifs réduits sur leur prochain achat de billets d'avion. «On n'en est pas là, explique l'élu. L'insularité, ça peut vouloir dire beaucoup de choses et rien à la fois. Ça vient reconnaître l'iniquité qu'il y a entre les Madelinots et l'ensemble du peuple québécois.» 
À ceux qui considèrent cette mesure comme misérabiliste à l'égard des habitants de l'archipel, le maire répond : «On est la seule communauté maritime aussi densément peuplée au Québec.»
La prochaine étape sera l'adoption du changement de nom. L'agglomération des Îles-de-la-Madeleine deviendra «la communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine». «Ça devrait se faire d'ici la fin de la session parlementaire», croit M. Chevarie.