L'île d'Anticosti 

Québec a oublié Anticosti, déplore le maire de l'île

À Anticosti, on se réjouit bien sûr du fait que Québec propose de dédommager la compagnie Pétrolia pour l'abandon de la recherche d'hydrocarbures sur l'île. Mais le maire du seul village de l'endroit rappelle au gouvernement de ne pas profiter de l'occasion pour laisser la population sombrer dans l'oubli.
«Québec se dit prêt à négocier avec Pétrolia. C'est bien beau, on est bien contents parce qu'on ne veut rien savoir de l'exploration des hydrocarbures, mais ça fait cinq ans qu'il n'y a pas de développement sur l'île», a lancé le maire John Pineault, qui demande au gouvernement la création d'un fonds de développement du village et de mise en valeur «du patrimoine culturel et naturel exceptionnel de l'île».
«Double discours»
Car selon le maire, le développement de l'île est loin d'être une sinécure et Québec n'est pas la plus empressée à répondre aux demandes. «À titre d'exemple, j'ai un promoteur prêt à investir 1,5 million ici, il ne demande pas une cenne, mais ça fait cinq mois que j'essaie de négocier avec le gouvernement pour le terrain qu'il désire, dans le périmètre urbain», clame l'élu, qui voit là un «double discours» de la part de Québec.
John Pineault attend aussi depuis quelques mois une rencontre avec le ministre des Transports pour l'éventuelle instauration d'un service de navette maritime, encore là sans succès. Le maire profitera de cette future rencontre pour rappeler au ministre quelques incongruités, à son avis.
Capital de sympathie
«On vit sur une île, mais on n'est pas considérés comme étant des insulaires. On ne sait pas trop où on se trouve dans la vision du gouvernement, fait-il valoir. On n'est pas dans le Plan Nord ni dans la Stratégie maritime. Dans notre rapport d'impôt, on n'a même pas droit à la déduction pour habitant d'une région éloignée alors qu'ils y ont droit à Havre-Saint-Pierre.»
M. Pineault mise sur le fait que le capital de sympathie que son île a acquis ces derniers mois avec sa candidature comme site du patrimoine mondial de l'UNESCO l'aidera à faire valoir sa cause auprès du gouvernement québécois. D'ailleurs, près de 25 000 personnes ont appuyé la candidature de l'île, notamment reconnue pour son abondance de cerfs de Virginie.
«Il y a plein de gens qui veulent venir à Anticosti, comme jamais auparavant. On vient de compléter notre plan de développement stratégique, qui compte 42 projets, et on veut se relancer dans une optique de développement durable», a-t-il conclu.