«Il faut nous laisser le temps de prioriser, de vérifier le coût de ce prolongement et l’échéancier qu’on peut donner», plaide François Bonnardel.

Prolongement de la 138: déception chez les représentants de la Côte-Nord

BAIE-COMEAU — La délégation de maires, de préfets et de chefs innus de la Côte-Nord qui est débarquée à l’Assemblée nationale pour réclamer des fonds pour le prolongement de la route 138 jusqu’à Blanc-Sablon est repartie amèrement déçue.

La délégation a notamment appris que la somme de 232 millions $ prévus en 2018 pour les tronçons Kegaska-La Romaine et La Tabatière-Tête-à-la-Baleine n’apparaîtra par au budget 2019. Elle voulait aussi un échéancier clair pour la réalisation des travaux, ce qu’elle n’a pas eu non plus.

«Ce que j’apprends, c’est que, dans le budget, on avait un 200 millions qui était là, réservé par l’ancien gouvernement, qui n’est plus là. On va peut-être faire des bouts ou peut-être pas», a lancé le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier, un peu dépité pour la tournure des événements. «Nous, on espérait 200 millions, 200 millions un peu plus par année, [pour que] dans 10 ans, on ne parle plus de la route 138.»

La région a d’ailleurs fait paraître mercredi dans les grands quotidiens une pleine page de publicité, se demandant si le gouvernement avait «vraiment l’intention de sortir la Côte-Nord de son enclavement, de son isolement». Le prolongement complet de la 138 est évalué à environ 1,5 milliard $.

M. Porlier, responsable de ce dossier à l’Assemblée des MRC de la Côte-Nord, ne doute pas des bonnes intentions de François Bonnardel et Jonatan Julien, respectivement ministre des Transports et ministre responsable de la Côte-Nord, mais «ça prend un premier ministre qui se positionne. Moi, j’ai entendu beaucoup M. Legault parler des régions pendant la campagne, l’importance des régions. Là, il a une occasion de dire : “Oui, c’est important. La région, on s’en occupe, on va le faire”», a-t-il lancé.

«Je leur [la délégation] ai dit à quel point la 138 était importante pour nous. Maintenant, il faut nous laisser le temps de prioriser, de vérifier le coût de ce prolongement et l’échéancier qu’on peut donner. C’est ce que je leur ai dit que je leur donnerais dans les prochains mois», a pour sa part déclaré le ministre Bonnardel avant de tourner les talons lorsqu’interrogé sur l’accident mercredi du traversier Saaremaa, potentiel navire de remplacement de la Société des traversiers du Québec.