Le chef René Simon souhaiterait expulser un élu du Conseil des Innus de Pessamit.

Pression politique sur la police de Pessamit

BAIE-COMEAU — Se disant victime de pressions politiques afin de signer un document pour faire annuler l’élection d’un conseiller, le chef de police de Pessamit, une communauté innue près de Baie-Comeau, a reçu comme réponse jeudi une mise en demeure de trois des personnes visées par sa dénonciation.

Ainsi, le chef du Conseil des Innus de Pessamit, René Simon, le conseiller Gérald Hervieux et le directeur général de la communauté, Jean-Claude Vollant, exigent une rétractation et des excuses du chef de police, Jean-Sébastien Bacon-Vollant. Les trois personnes ont fait suivre une mise en demeure à M. Bacon-Vollant «pour propos diffamatoires».

Signant une dénonciation en ce sens, Jean-Sébastien Bacon-Vollant soutient qu’il y a eu ingérence dans les travaux d’un comité d’appel sur les élections tenues en septembre dernier.

Dans un affidavit fait le 7 février par M. Bacon-Vollant, dont Le Soleil a obtenu copie, ce dernier dénonce «l’implication illicite» du chef Simon ainsi que de MM. Hervieux et Vollant dans le dossier d’un appel concernant l’élection du conseiller Jérôme Bacon St-Onge, en septembre 2018.

De l’avis du chef de police, nommé d’office sur le comité chargé d’étudier les appels, ces appels ont été déposés hors délais, ce qui aurait dû entraîner leur retrait pur et simple.

M. Bacon-Vollant soutient plutôt qu’il a reçu des pressions pour traiter malgré tout ces plaintes et surtout pour signer un document «qui visait à rendre le siège de M. Jérôme Bacon St-Onge vacant» pour conflit d’intérêt, ce qu’il aurait refusé de faire à maintes reprises.

Signalons que Jérôme Bacon St-Onge est ce citoyen qui s’était présenté devant la Cour fédérale pour faire invalider les élections de 2016. La Cour lui avait donné raison. Lors de la reprise de ces élections, il a été élu comme conseiller.

La dénonciation de Jean-Sébastien Bacon-Vollant a été envoyée aux gouvernements fédéral et provincial, à la Sûreté du Québec et au Directeur des poursuites criminelles et pénales, entre autres.