Les membres de la cellule de crise sur le transport aérien régional vont faire une tournée des transporteurs, comme Pascan Aviation, qui dessert déjà l’Est-du-Québec. 
Les membres de la cellule de crise sur le transport aérien régional vont faire une tournée des transporteurs, comme Pascan Aviation, qui dessert déjà l’Est-du-Québec. 

Première réunion productive pour la cellule de crise sur le transport aérien régional

À l’issue de sa première réunion virtuelle, mardi, la cellule de crise sur le transport aérien régional a présenté huit conditions de succès au ministre des Transports, François Bonnardel, qui prenait part à la rencontre. Selon les partenaires de la cellule mise sur pied le 2 juillet, au surlendemain de l’annonce d’Air Canada de suspendre indéfiniment plusieurs liaisons en région, ces conditions sont essentielles à la survie du transport aérien régional au Québec.

Le président du comité sur le transport aérien de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et maire de Gaspé en est ressorti fort confiant. «La bonne nouvelle du jour, c’est la discussion qu’on a eue avec le ministre Bonnardel, en plus d’avoir réussi à fédérer les forces de plein d’instances au Québec, se réjouit Daniel Côté. On a eu une énorme ouverture du ministre Bonnardel. Bref, ça va bien. Ça va mieux que la semaine passée!»

La cellule de crise est composée de différents organismes, soit l’Alliance de l’industrie touristique du Québec, le Conseil du patronat du Québec, la Fédération des chambres de commerce du Québec, le Réseau québécois des aéroports et l’Union des municipalités du Québec. Le premier objectif de la réunion était de concerter les efforts de chacun pour «que tout le monde rame dans le même sens, plutôt que de tirer partout et que tout le monde ait sa solution magique», selon M. Côté. 

Conditions de succès

Les huit conditions présentées au ministre Bonnardel vont du remboursement des montants dus par Air Canada à des clients au soutien adéquat d’une nouvelle desserte, en passant par la compensation des pertes subies par les aéroports. «Bref, on a fait un tour assez complet du dossier et là, on se met à table», indique M. Côté, qui est également le premier vice-président de l’UMQ. La cellule projette aussi d’interpeller le gouvernement fédéral.

«Soutenir financièrement la consolidation des activités des transporteurs aériens régionaux», tel est l’énoncé de la première condition. «Tous seuls, sans le support du gouvernement, on n’y arrivera pas, estime le président du comité sur le transport aérien de l’UMQ. Présentement, au provincial, l’écoute, la volonté et le sentiment d’urgence sont là. La reconnaissance que le transport aérien régional est un service essentiel est là aussi. Donc, on a un partenaire incontournable!»

Différentes propositions

Le groupe de travail analysera les propositions qui ont été présentées par différents partenaires. Parmi celles-ci figure le projet Régionair, mis de l’avant par la Régie intermunicipale de l’aéroport régional de Mont-Joli. Daniel Côté estime qu’il s’agit d’un projet intéressant. «La solution n’est vraiment pas bête, c’est bien pensé, c’est un bon concept, mais il y en a d’autres sur la table. Avant de faire une sélection ou de cibler une solution, on va prendre le temps de toutes les regarder.» Deux projets de coopératives seraient aussi dans l’air. «Bref, il y a une panoplie de possibilités, souligne le maire Côté. Il faut ramasser ça d’ici deux semaines et livrer des conclusions pour une mise en place, dès la fin août ou le début septembre, de solutions concrètes et pérennes.»

Pour Daniel Côté, ce sont les transporteurs privés qui détiennent la solution la plus rapide et la plus efficace. «Mais, c’est un peu le Far West! Ce n’est pas comme le transport terrestre, où il y a une commission des transports qui peut imposer des dessertes. Dans le transport aérien, c’est le privé qui décide où il va, comment il y va, ce que sont ses horaires et s’il reste ou s’il s’en va. Demain matin, il peut débarquer un transporteur privé qui décide d’atterrir à Gaspé. On est libres, comme propriétaire de l’aérogare, de lui louer un espace ou pas. Mais, il n’est pas obligé d’avoir un espace pour opérer. Il a le droit d’atterrir chez nous. On ne peut pas l’empêcher, comme on ne peut pas forcer quelqu’un à atterrir non plus.»

Si ce sont les transporteurs privés qui possèdent la clé, d’autant plus qu’il y a un marché, est-ce l’option la plus durable? M. Côté demeure dubitatif et pour cause. «On vient de vivre une mauvaise expérience avec Air Canada. On se demande si une solution mixte «public-privé» ne pourrait pas faire l’affaire.» La cellule réfléchit aussi sur l’idée lancée la semaine dernière par François Bonnardel qui consisterait à créer une entreprise d’État. «L’avantage, c’est que c’est extrêmement sécuritaire, analyse le porte-parole de l’UMQ. Le désavantage, c’est que c’est long à mettre en place. Pour nous, c’est un service essentiel. Aucun service aérien, c’est intenable! Ça prend un service aérien rapidement.» La cellule de crise n’écarte donc aucune possibilité et entend étudier toutes les options avec le ministre Bonnardel et le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon. «Tout est sur la table», fait savoir l’élu municipal.

Pour les membres de la cellule, la prochaine étape consiste à terminer la tournée des transporteurs. Déjà, ils ont rencontré les dirigeants de Pascan Aviation, qui dessert l’Est-du-Québec. «En parallèle, on a compris que le ministre Bonnardel voulait s’associer au travail de la cellule, peut-être en l’élargissant, en lui donnant une couleur gouvernementale, souligne M. Côté. Si cette semaine est déterminante, la semaine prochaine va être très déterminante pour la suite des choses.» D’ici deux semaines, le groupe de travail devrait avoir en main un modèle. S’il n’est pas final, il n’en sera pas loin, espère-t-il.