Le maire de Pointe-aux-Outardes, Serge Deschênes, le porte-parole du comité de citoyens, Jean-Sébastien Fournier, le préfet suppléant de la MRC de Manicouagan, Joseph Imbeault et le député provincial Martin Ouellet lors de l’annonce de la subvention de 7,7 millions $ pour la protection des berges à Pointe-aux-Outardes. Ils posent devant une fresque qui illustre bien la problématique de l’érosion dans la localité.

Pointe-aux-Outardes recevra 7,7 M$ de Québec

POINTE-AUX-OUTARDES — La localité de Pointe-aux-Outardes, un peu à l’ouest de Baie-Comeau, a reçu lundi une nouvelle qu’elle attendait depuis longtemps. Québec lui a finalement octroyé une somme de 7746 238 $ pour la protection des berges de la rue Labrie, durement frappée par l’érosion côtière, un phénomène qui ne cesse de s’amplifier.

Le maire Serge Deschênes a poussé un soupir de soulagement lorsqu’on lui a confirmé cette annonce, qui met pratiquement fin à cette «réelle épopée» que fut le dossier de la protection des berges dans ce secteur. Déjà, en 2004, un rapport du ministère de la Sécurité publique signalait que si aucun effort n’était fait en matière de protection, l’érosion des berges pourrait s’amplifier. «On doit reconnaître que ce diagnostic était assez juste», a-t-il déclaré.

Travaux de protection

Ces travaux de protection consisteront en une recharge de la plage «avec des matériaux grossiers», aux dires du communiqué du ministère de la Sécurité publique. Le maire souhaite que cette recharge soit accompagnée d’épis rocheux. «On devrait avoir d’ici la fin avril ou le début mai la solution véritablement retenue», a ajouté l’édile. La protection sera réalisée sur une distance de 1,5 kilomètre.

Il ne faut toutefois pas s’attendre à ce que les travaux débutent dans les prochaines semaines, a prévenu Serge Deschênes. Il faudra notamment trouver le banc d’emprunt d’où proviendront ces matériaux grossiers. Ce sera ensuite au tour de l’étude d’impact environnemental, la réalisation des plans et devis, la consultation publique et «peut-être» une audience du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

Si ce dossier a traîné en longueur, ce n’est pas nécessairement parce que le gouvernement se faisait tirer l’oreille sur l’importance de mener des travaux de protection. C’est plutôt en raison de la hauteur de la contribution municipale demandée. En effet, selon les normes précédentes, Pointe-aux-Outardes aurait dû débourser 25 % du coût total des travaux pour recevoir une aide gouvernementale. Ce pourcentage est désormais de 3,17 %, ce qui représente une facture de 250 000 $ pour la localité.

«Avec l’ancienne façon de calculer, ça nous aurait coûté 2 millions $, ce qui est plus élevé que le budget annuel de la municipalité», n’a pas manqué de rappeler le maire de la localité de 1321 résidents.

Le porte-parole du comité pour des solutions à l’érosion des berges de Pointe-aux-Outardes, Jean-Sébastien Fournier, ne pouvait que se réjouir de cette annonce.

«Depuis le temps qu’on attend des nouvelles positives, il y aura enfin des actions concrètes sur les plages dans les prochains mois, les prochaines années», a déclaré celui qui entend rester vigilant tant que les travaux ne seront pas complétés.