Depuis le début de la saison, les pêcheurs et les transformateurs n’arrivaient pas à s’entendre sur le prix de la ressource, même si celui-ci avait été établi par la Régie des marchés agricoles.
Depuis le début de la saison, les pêcheurs et les transformateurs n’arrivaient pas à s’entendre sur le prix de la ressource, même si celui-ci avait été établi par la Régie des marchés agricoles.

Place à la pêche à la crevette nordique... deux mois plus tard

La saison de la pêche à la crevette nordique pourra débuter dès les prochains jours en Gaspésie, avec deux mois de retard. Les pêcheurs et les transformateurs se sont entendus ce matin sur le prix au débarquement de la ressource, permettant la reprise des activités commerciales.

Les transformateurs des usines de Rivière-au-Renard et de l’Anse-au-Griffon ont déposé une offre aux pêcheurs, lundi soir. Ces derniers ont accepté la proposition. La ressource au débarquement se détaillera donc à un prix moyen aux alentours de 0,85¢/livre, une fois les rejets calculés. 

Jusqu’au début de la deuxième moitié de la saison, soit le 1er juillet, c’est le prix qui a été établi précédemment par la Régie des marchés agricoles qui prévaudra. Par la suite, ce sera le tarif indiqué dans l’entente récemment acceptée aujourd’hui qui sera appliqué. 

Depuis le début de la saison, les pêcheurs et les transformateurs n’arrivaient pas à s’entendre sur le prix de la ressource, même si celui-ci avait été établi par la Régie des marchés agricoles. Jugé trop élevé par les transformateurs, ces derniers refusaient d’acheter les crevettes au prix de la Régie, forçant les bateaux à rester à quai. 

Soulagement et méfiance

S’ils sont soulagés de pouvoir retourner travailler, les pêcheurs ne sont pas enjoués par le prix qui a été négocié. «Le prix proposé est loin d’être incroyable. On a accepté pour sauver la saison, sauver nos travailleurs et sauver les communautés qu’on fait vivre», explique le président de l’Office des pêcheurs de crevette du Grand-Gaspé, Patrice Élément. L’association maintient toujours que le prix défini par la Régie était acceptable.

Du côté des travailleurs des usines de transformation de Gaspé, la signature de l’entente rassure, mais certaines inquiétudes restent tout de même. «Plusieurs employés sont inquiets pour leur prestation d’assurance-emploi des prochains mois, comme ils n’ont pas eu beaucoup de revenus dans les dernières semaines, explique le conseiller syndical CSN de l’usine des Pêcheries Marinard, Rémi Bellemare-Caron. On se demande aussi à quelle vitesse la pêche va reprendre, ce qui aura un impact déterminant sur le revenu des employés.»

Les travailleurs de l’usine des Pêcheries Marinard ont d’ailleurs manifesté devant leur lieu de travail le 5 juin dernier afin de dénoncer cette perte de revenu. Ils ont aussi demandé à l’employeur de leur assurer un revenu garanti équivalent à une semaine complète, peu importe le nombre d’heures travaillées.