Les débarquements de crevette provenant de la zone Anticosti sont abondants.

Pêche à la crevette: captures surprenantes dans la zone Anticosti

MATANE — À mi-chemin de la saison de pêche, les captures et les activités de transformation de la crevette sont très variables. Pendant que certains intervenants de l’industrie considèrent qu’elles sont bonnes, d’autres les estiment semblables, voire pires que dans les premières semaines de pêche. Chose certaine, la zone Anticosti provoque la surprise par son abondance.

Joint en mer à la hauteur d’Anticosti, le pêcheur Roberto Desbois était très satisfait de ses captures. «Ce sont des voyages de 60 000 livres en moyenne, se réjouit-il. Anticosti, c’est très bon! Dans l’ensemble, c’est meilleur que l’année passée.» Comme la pêche est bonne, le capitaine du Yohan Mirja s’attend à terminer sa saison plus tôt, soit en août.

«Du côté de la zone Anticosti, les taux de captures demeurent dans les mêmes eaux que l’année passée», commente, pour sa part, le directeur de l’Office des pêcheurs de crevette du Grand Gaspé, Patrice Element.

Si le crustacé était plutôt petit en début de saison, il présente une taille plus intéressante depuis quelques semaines, encore une fois surtout dans la zone Anticosti. «La crevette est d’une bonne grosseur, confirme M. Desbois. Elle est plus belle dans Anticosti que l’année passée. Il y a moins de crevettes blanches.»

Transformation

Dans le secteur de la transformation, le directeur général de l’Association québécoise de l’industrie de la pêche estime que la situation est plutôt bonne dans les deux usines qu’il représente, soit Pêcheries Marinard de Rivière-au-Renard et La Crevette du Nord Atlantique de L’Anse-au-Griffon. «C’est même surprenant, surtout dans Anticosti et du point de vue du volume qui était prévu», estime Jean-Paul Gagné. Les semaines de travail en usine sont plus soutenues qu’en avril. 

À Matane, l’usine Les Fruits de mer de l’Est-du-Québec tourne rondement. «Ça va très bien, s’exclame la présidente du syndicat, Micheline D’Astous. Les pêcheurs font des bonnes captures et on travaille beaucoup. L’usine est à capacité.» L’entreprise compte environ 75 employés, dont une quarantaine d’entre eux sont parfois affectés à la transformation du crabe. Selon Mme D’Astous, les dirigeants ont du mal à pourvoir tous les postes. C’est pour cette raison qu’ils ont engagé 11 travailleurs mexicains. «Ça leur donne une chance, croit la présidente du syndicat. Ils ont engagé des Matanais aussi, mais ça ne faisait pas assez de monde.»

Les employés peuvent transformer de 80 000 à 110 000 livres de crevette par jour. «On produit sans bon sens, indique Mme D’Astous. C’est plus constant que l’an dernier. […] Ça n’arrête pas beaucoup! L’année passée, on n’avait pas vu ça.»

Micheline D’Astous constate, elle aussi, que les débarquements de crevette provenant d’Anticosti sont plus abondants et que la perle rose du Saint-Laurent est plus grosse que les autres années. Comme elle est plus grosse, les prix deviennent plus avantageux pour les pêcheurs. 

Rappelons que les crevettiers disposent d’un quota global identique à celui de l’an dernier, soit un total de 17 337 tonnes pour les zones Sept-Îles, Anticosti, Esquiman et Estuaire.