Le Pont Pansu, dans la municipalité de la Paroisse de Disraeli

Paroisse de Disraeli: un parti politique pour empêcher la ville de changer de nom

Un litige autour d'une demande changement de nom de la municipalité de la Paroisse de Disraeli, près de Thetford Mines en Chaudière-­Appalaches, divise tellement la population qu'un parti politique est né afin de déloger une partie du conseil municipal.
La vaste (93 km2), mais peu populeuse (1123 habitants) municipalité qui ceinture la Ville de Disraeli n'a pas connu de conflits aussi intenses que celui qui couve depuis que le conseil a recommandé, en décembre, de changer le nom de «Paroisse de Disraeli» pour celui de Bellerive.
«La population s'est mobilisée contre la demande de changement de nom faite par le conseil. Ce qui dérange, c'est la façon dont ça a été fait, que ça ait été fait sans raison valable, de devoir changer d'adresse et les gens sont aussi attachés au nom de leur municipalité», explique au Soleil Jacynthe Patry, chef du parti Équipe Jacynthe Patry et candidate à la mairie. Une pétition a même été déposée avec les noms de 500 résidents opposés au changement de nom, sans résultat jusqu'à maintenant.
Le conseiller municipal Mario Lavoie affirme pour sa part que les citoyens qu'il a visités sont favorables au changement de nom pour Bellerive. «Plusieurs des signataires ont changé d'idée, car il y a eu beaucoup de fausses informations véhiculées à ce sujet», indique-t-il.
Entre autres, des rumeurs auraient circulé disant que le changement de nom coûterait près de 60 000 $ à la municipalité alors que ce serait plutôt de l'ordre de 12 000 $, selon M. Lavoie.
«Plusieurs de ceux qui sont contre le changement de nom voudraient aussi fusionner avec la Ville de Disraeli. Il y a toutes sortes d'intérêts là-dedans», ajoute le conseiller municipal, soulignant qu'aucun référendum n'avait été tenu sur la question, mais que les opposants avaient pu manifester leur désaccord devant la Commission municipale, qui n'a retenu aucun de leurs arguments.
Le conseil justifie sa demande en notant la confusion qui existe entre la Municipalité de la Paroisse de Disraeli, la Ville de Disraeli et la paroisse religieuse de Disraeli. «On reçoit beaucoup de correspondance destinée à la paroisse religieuse ou même à la Ville et vice-versa. La Ville de Disraeli a déjà reçu une lettre d'Hydro-Québec qui souhaitait céder des terrains à notre municipalité», indique M. Lavoie.
Cet argument ne convainc cependant pas les opposants. «À ce sujet, notre argument à nous est que la municipalité existe depuis 1904 et que ça n'a jamais posé problème», poursuit Mme Patry.
Comme le ministre n'a pas encore officialisé la décision, les opposants estiment que l'élection municipale est leur dernière chance de «sauver» Disraeli paroisse, qualifiant la prochaine élection de «référendaire».
Mme Patry présentera des candidats à quatre des six sièges de conseillers. «Pour avoir une majorité et parce qu'il y a deux candidats à qui nous ne souhaitons pas faire opposition», poursuit-elle. «Si nous sommes élus, nous allons annuler la résolution demandant le changement de nom pour Bellerive et, ensuite, nous allons travailler avec les gens en place pour gérer la municipalité.»
Une nouvelle génération
Car la femme d'affaires, vice-présidente aux opérations de la Scierie Refort, souhaite également incarner une nouvelle génération en politique municipale. «On veut utiliser nos idées pour amener du renouveau. N'oublions pas que le maire actuel, André Gosselin, est en place depuis 1980!» conclut Mme Patry.
Le maire Gosselin ne sera pas sur les rangs lors de la prochaine élection, mais il a donné son appui au candidat à l'adversaire de Jacynthe Patry, Michel Bourgault, qui, lui, est favorable au changement de nom et opposé à une éventuelle fusion avec la Ville de Disraeli...