Une partie de l'emprise ferroviaire a été fragilisée, notamment dans le secteur de Pabos Mills à Chandler, lors de la tempête de décembre 2016.

Ottawa injecte 45,8 M$ dans le chemin de fer gaspésien

PABOS MILLS — Le gouvernement fédéral injectera 45,8 millions$ dans la réfection du chemin de fer en Gaspésie, en vertu d’un programme visant d’abord à protéger l’emprise ferroviaire de l’érosion côtière. La somme sera administrée par Transports Québec, qui possède le réseau Matapédia-Gaspé depuis 2015.

Le gouvernement du Québec pourra aussi se servir de l’argent d’Ottawa pour réparer l’emprise ferroviaire et les nombreux ponts qui caractérise le chemin de fer gaspésien. La somme sera principalement concentrée sur la portion Port-Daniel-Gaspé, qui représente 127 des 325 kilomètres de l’axe Matapédia-Gaspé.

En annonçant le montant venant du Fonds d’atténuation et d’adaptation en matière de catastrophe, la ministre du Revenu national et députée de la circonscription de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Diane Lebouthillier, a refusé de faire un lien entre l’argent et l’imminence de la campagne électorale fédérale.

«Le gouvernement provincial a sollicité le gouvernement fédéral», a-t-elle indiqué. Depuis la fin de 2015, Mme Lebouthillier avait régulièrement indiqué qu’Ottawa n’interviendrait pas dans un chemin de fer de propriété provinciale. Elle a précisé lundi que les deux paliers de gouvernement collaboraient en matière d’infrastructures.

Ces 45,8 M$ s’ajoutent aux 100 M$ annoncés en 2017 par le gouvernement du Québec pour la réfection du tronçon Matapédia-Gaspé.

Le premier ministre François Legault, qui avait indiqué en avril que ça prendrait sept ans avant de terminer cette réfection, a établi la semaine dernière, à la suite d’une rencontre avec les dirigeants de la Société du chemin de fer de la Gaspésie, qu’il serait possible de retrancher un an à ce parachèvement de travaux.

Le maire de Gaspé, Daniel Côté, croit que l’argent d’Ottawa permet d’entrevoir une réalisation plus rapide du retour du train dans sa ville. La portion Caplan-Gaspé du réseau est en dormance depuis un peu plus de quatre ans.

«Le PM (Legault) n’a pas perdu espoir que ça aille plus vite», souligne M. Côté.

Quant à Éric Dubé, président de la Société du chemin de fer de la Gaspésie, l’entité municipale exploitant les trains de marchandises sur la partie fonctionnelle du réseau, il précise que des rapports d’études restent à compléter avant de savoir s’il sera possible de terminer la réfection plus rapidement, ce qu’il souhaite ardemment.

Présentement, la capacité concurrentielle d’entreprises gaspésiennes est affectée parce qu’elles ne peuvent compter sur le chemin de fer à proximité de leurs usines. C’est le cas du fabricant de pales éoliennes LM Wind Power de Gaspé et de Ciment McInnis, à Port-Daniel.