Le député de Bonaventure à l’Assemblée nationale, Sylvain Roy, croit toujours qu’il «y a une discrimination sexiste à l’endroit des femmes et depuis longtemps dans cette usine».

Offre d’emploi «sexiste»: Unipêche reconnaît sa «maladresse»

CARLETON – Le directeur général d’Unipêche MDM, Gino Lebrasseur, reconnaît la «maladresse de la formulation» de l’offre d’emploi publiée à la fin de la semaine et faisant état d’un salaire inférieur aux femmes par rapport aux hommes pour des tâches semblant similaires pour des postes de journaliers.

Le salaire offert aux femmes s’établissait à 12,69 $ l’heure et celui des hommes à 13,28 $. Les médias sociaux se sont emballés samedi matin, dénonçant la politique salariale qualifiée de sexiste. La compagnie a géré la crise par étapes, d’abord en corrigeant la publicité et en émettant un communiqué.

S’excusant pour la maladresse de la firme, M. Lebrasseur rappelle toutefois que quelques catégories de journaliers existent dans l’usine de Paspébiac et que des taux de salaire différents sont accolés à chaque catégorie. La lourdeur de la tâche constitue traditionnellement un facteur favorisant un meilleur salaire.

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Il souligne aussi que la CNESST, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail, approuve les documents envoyés par Unipêche MDM en matière d’équité salariale.

«C’est un exercice à renouveler à tous les cinq ans. Nous l’avons fait en 2015 et il sera renouvelé en 2020», précise M. Lebrasseur. Des documents sont aussi remplis sur une base annuelle, note-t-il.

Dans une communication écrite, la compagnie avait expliqué dimanche que la rémunération du travail était divisée traditionnellement en «lignes d’hommes» et en «lignes de femmes», et que si une femme réalisait le travail de la ligne d’hommes, elle était payée autant.

M. Lebrasseur assure qu’il n’y a pas de discrimination en fonction du sexe dans l’usine, mais des disparités selon le type de travail réalisé. Le travail en usine est difficile, dit-il.

«Nous avons plus de femmes que d’hommes comme superviseures (de production) et ce sont des emplois à 20$ l’heure», précise-t-il.

Gino Lebrasseur s’attend à devoir répondre à des questions de la CNESST, de la Commission des droits de la personne et du ministère du Travail au cours des prochaines semaines.

Discrimination «depuis longtemps»

Le député de Bonaventure à l’Assemblée nationale, Sylvain Roy, croit toujours qu’il «y a une discrimination sexiste à l’endroit des femmes et depuis longtemps dans cette usine».

Il croit aussi qu’il est temps de prendre les mesures appropriées pour améliorer les conditions de travail dans certaines usines de transformation de produits marins. Il compte aborder la question avec le ministre André Lamontagne, de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation. Le député Roy croit que ce ministère a une emprise, puisqu’il émet les permis de transformation.