Jeannine Richard et son conjoint Éric Landry ont été très touchés par le documentaire portant sur la carrière de René Lévesque.

New Carlisle rend hommage à René Lévesque

NEW CARLISLE — L’ex-députée des Îles-de-la-Madeleine à l’Assemblée nationale, Jeannine Richard, s’essuie les yeux. Elle vient de visionner avec son conjoint un documentaire sans narration de 15 minutes sur René Lévesque, ex-premier ministre du Québec décédé presque 25 ans avant qu’elle n’exerce un mandat de 18 mois.

Ce documentaire et 48 stations extérieures font notamment partie de l’Espace René-Lévesque, tout nouveau lieu d’évocation portant sur la carrière d’un homme d’exception, ayant notamment été correspondant de guerre, journaliste, animateur d’une émission d’affaires publiques, ministre libéral sous Jean Lesage et premier ministre du premier gouvernement du Parti québécois.

Le lieu est ouvert au public depuis vendredi, à New Carlisle, village gaspésien où René Lévesque a grandi. 

«Ouf, je ne peux pas regarder ça sans que ça ramène des émotions», note Mme Richard, en route vers Gaspé et qui est arrêtée avec son conjoint à l’improviste, voyant que ça bougeait à l’Espace René-Lévesque. Ils en ont même été les premiers clients. «Nous allons garder nos billets», dit-elle.

Le chargé de projet Daniel Galarneau, qui a piloté les étapes de planification et de construction de l’Espace René-Lévesque, croit que bien des gens, jeunes et moins jeunes, sentiront les mêmes émotions en visitant le lieu aménagé du côté de la mer. L’objectif d’achalandage semble modeste, à 5000 visiteurs d’ici la mi-octobre.

«On aime mieux démarrer avec un objectif réalisable. Nos voisins, le Site du banc de Paspébiac et le Musée acadien à Bonaventure, attirent chacun 8000 personnes. Nous sommes entre les deux. Il y a aussi une limite au nombre d’audioguides, 48, à notre disposition. Avec la tablette et le film, il y en a pour quatre heures, si quelqu’un fait le tour lentement», dit-il.

L’accent du contenu est placé sur les réalisations de M. Lévesque, décédé en 1987. Les bons coups, comme la réforme du financement électoral et la création du ministère de l’Environnement, y sont présentés, comme les périodes ardues, tel le départ de plusieurs ministres et députés en 1984.  

Un projet qui mijote depuis 2013

Le projet d’Espace René-Lévesque mijotait depuis 2013 chez les dirigeants de la Fondation de la maison René-Lévesque. Le projet visait d’abord la maison dans laquelle M. Lévesque a été élevé, rue Mount Sorel. Toutefois, la maison, dont l’état de décrépitude avance, n’a pu être acquise.

L’Espace René-Lévesque a nécessité un investissement de 2,26 millions $. L’État québécois y a contribué pour 1,2 M$, et Ottawa pour 750 000 $. «Des dons privés totalisent près de 1 M$. Un fonds de 600 000 $ est placé afin de financer une partie des opérations», précise le docteur Louis Bernard, président de la Fondation de la Maison de René-Lévesque.

Le gouvernement a signifié en 2017 son intention d’exproprier la maison de la rue Mount Sorel si le propriétaire ne l’entretient pas. «On s’engagera dans ce projet s’il y a des sous. Nous n’avons pas les moyens, là», dit M. Bernard.