Maurice Bernard et Jean-Claude Berthelot, de Carleton, ont impressionnés par la taille des branches d'un orme déraciné par la tempête Arthur.

Nettoyer les dégâts d'Arthur à la scie mécanique

Dans la Baie-des-Chaleurs et un peu partout le long de la côte sud de la Gaspésie, les citoyens qui dormaient dimanche matin ont en général été réveillés par le son des scies mécaniques, résultat de milliers d'arbres déracinés ou cassés par la tempête Arthur, qui a soufflé souvent à plus de 100 kilomètres à l'heure pendant la vingtaine d'heures qu'elle a duré.
Des génératrices meublaient aussi l'ambiance sonore, parce que des milliers de foyers ont été privés d'électricité pendant plus de 36 heures. Les buts étaient multiples, comme sauver la nourriture dans les frigos et les congélateurs, recharger les téléphones et les ordinateurs, même si la panne a même régulièrement paralysé le réseau 3G, ou faire la cuisine.
Parmi les scies mécaniques, celle du travailleur forestier Jean-Claude Berthelot fonctionnait avec une insistance perceptible à des dizaines de mètres à Carleton; il débitait malheureusement un orme de près de 200 ans, déraciné par les rafales d'Arthur.
«Je suis bûcheron professionnel depuis 25 ans et je n'avais jamais passé une journée complète à débiter un arbre. C'est arrivé aujourd'hui. Je vais en plus avoir besoin de la journée de demain pour charger tout le bois», expliquait M. Berthelot en fin d'après-midi.
Le résident de la propriété, Maurice Bernard, 83 ans, se souvenait que cet orme avait déjà une bonne taille quand il était enfant, et il tentait de se rappeler si c'était son grand-père ou son père qui l'avait planté. Jean-Claude Berthelot fixait les anneaux concentriques et sans compter, il assurait qu'avec près de 200 cercles, l'arbre venait du grand-père.
Il faudra assurément des semaines avant que tout le bois tombé samedi soit ramassé. Bien des dégâts restent à évaluer, notamment sur les terres à bois.