La victime, Maxime Dugas Lepage
La victime, Maxime Dugas Lepage

Meurtre à Sainte-Anne-des-Monts: une population sous le choc

Le meurtre de Maxime Dugas Lepage, 27 ans, survenu la semaine dernière et pour lequel deux personnes ont été accusées lundi, crée une véritable commotion à Sainte-Anne-des-Monts, en Haute-Gaspésie. Dans cette municipalité de 6300 habitants, le choc est d’autant plus important à absorber parce que le mystère plane sur les raisons de ce drame et que le corps de la victime reste introuvable.

Maxime Dugas Lepage de Sainte-Anne-des-Monts a été porté disparu le 22 janvier. Le lendemain, une enquête était déclenchée par la Sûreté du Québec (SQ) et le surlendemain, un impressionnant déploiement policier délimitait deux scènes de crime et procédait à des perquisitions. Samedi, Steve Lévesque, 46 ans de Montréal, et Maxime Labrie, 29 ans de Rimouski, ont été arrêtés. Lundi, ils ont été respectivement accusés de meurtre au deuxième degré et de complicité après le fait au palais de justice de Sainte-Anne-des-Monts. Les deux accusés originaires de l’endroit demeurent détenus jusqu’à leur prochaine comparution le 24 février.

«Ce sont des histoires d’horreur qui arrivent un peu partout et ça nous a touchés ici, se désole le maire de Sainte-Anne-des-Monts, Simon Deschênes. Mes pensées se tournent vers la famille et les proches.» Le préfet de La Haute-Gaspésie partage la même consternation. «C’est triste, reconnaît Allen Cormier. C’est un drame! La Haute-Gaspésie est un endroit calme et paisible. Quand il arrive des drames de cette envergure, ça vient bouleverser le quotidien de M. et Mme Tout-le-Monde. Ça crée une commotion et certains en viennent à se sentir un peu moins en sécurité. Mais, les deux arrestations vont venir calmer le jeu et permettre à Sainte-Anne-des-Monts de retrouver sa quiétude.» 

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Le préfet tient à saluer «l’excellent travail des policiers» qui, en moins d’une semaine, ont arrêté deux individus qui sont maintenant derrière les barreaux. «Ça rassure les gens», croit Allen Cormier. Le maire partage le même sentiment. «J’ai apprécié la collaboration de la Sûreté du Québec, souligne Simon Deschênes. J’ai une certaine satisfaction de voir que le travail des policiers a été fait, que l’on puisse retrouver la quiétude de notre village et que notre population est en sécurité.»

Selon M. Cormier, la tension et l’émotion étaient vives lors de la comparution des deux accusés, lundi. La salle d’audience du palais de justice était remplie à pleine capacité et autant de gens attendaient à l’extérieur. Parmi eux, il y avait la mère, le frère, la belle-sœur et des amis proches de la victime. La liste des personnes avec qui les accusés sont interdits de communiquer permet de conclure que plusieurs individus sont impliqués dans cette sordide histoire.

«Ce qui reste à espérer, c’est que la police, avec l’aide d’informations et de témoignages, puisse réussir à trouver le corps du jeune homme, insiste le préfet. C’est ce qu’on souhaite pour que la famille puisse faire son deuil. Il y a certainement quelqu’un, quelque part, qui est au courant où est le corps du jeune homme.» Le maire Deschênes le souhaite tout autant.

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LE DERNIER MEURTRE REMONTE À 25 ANS

Pour le préfet de La Haute-Gaspésie, le meurtre de Maxime Dugas Lepage «rappelle les douloureux souvenirs du triste épisode du couple Vallée-Servant, il y a 25 ans», d’autant plus qu’il n’a jamais été résolu. Selon Allen Cormier, ce double meurtre était le dernier à s’être produit à Sainte-Anne-des-Monts.

Le vendredi 29 mai 1995, Claudette Servant et Victorien Vallée, un couple du secteur de Tourelle à Sainte-Anne-des-Monts, étaient portés disparus. Quelques jours plus tard, la voiture du couple était retrouvée dans un chemin peu fréquenté, à proximité du havre de pêche de l’endroit. Elle était vide. Le coffre était maculé de sang. Un mois après leur disparition, des pêcheurs ont retrouvé les corps de Mme Servant et de M. Vallée dans un ruisseau peu profond de Cap-au-Renard, à 19 km de leur résidence. Selon la police, ils auraient été jetés d’un pont qui enjambe le ruisseau. Dans son rapport d’autopsie, le coroner Benoît Parrot révèle qu’ils sont morts de projectiles d’arme à feu tirés à la tête. Depuis, le mystère entourant ce double meurtre n’a jamais été percé.