Le président et chef de la direction de Mason Graphite, Benoît Gascon

Mason Graphite acquiert un terrain à Baie-Comeau

BAIE-COMEAU — Mason Graphite, qui vise à exploiter une mine de graphite et à construire un concentrateur de minerai dans la région de Baie-Comeau, a fait un pas de plus dans la concrétisation de ce projet de 260 millions $ en achetant officiellement son terrain.

Ce terrain de 73 hectares, acquis au coût de 663 000 $, se trouve dans le parc industriel Jean-Noël-Tessier, là où la Ville entend concentrer son développement industriel. «C’est un processus qui, même si notre financement n’est pas totalement conclu, fait qu’on lance les démarches pour devenir un citoyen à part entière de cette communauté», a déclaré le président et chef de la direction de l’entreprise, Benoît Gascon, qui se dit confiant d’amorcer la construction de l’usine d’ici la fin de l’été, pour un début d’opération quelque part en 2020.

100 emplois

En fait, les démarches sont lancées depuis bien plus longtemps. Mason avait révélé en 2015 son intérêt de construire un concentrateur de graphite à Baie-Comeau afin d’y traiter le minerai qui sera extrait de sa mine du lac Guéret, située près de 300 kilomètres au nord de la localité nord-côtière, dans le secteur de Manic-5. Le projet, dont le financement est plus long que prévu, doit créer une centaine d’emplois.

Le grand patron de l’entreprise a profité de son passage à Baie-Comeau mardi pour faire valoir l’état d’avancement du projet devant un parterre de gens d’affaires, réunis sous l’égide de la Chambre de commerce de Manicouagan. M. Gascon a entre autres souligné que l’ingénierie des bâtiments est complétée à 98 %, et à près de 80 % pour ce qui est de l’ingénierie associée au procédé.

Au 31 décembre dernier, l’entreprise avait déjà investi 77 millions $, notamment pour l’achat et l’expédition d’équipements spécialisés. Plusieurs grosses pièces sont déjà entreposées à Baie-Comeau. Actuellement, 26 personnes travaillent à temps plein sur le projet.

Développement

Mason Graphite planche aussi sur un projet de seconde transformation du graphite, dont les applications sont destinées aux piles de voitures électriques et de cellulaires, de l’électronique et des garnitures de frein, notamment. Elle vise à développer une soixantaine de produits. Le projet demeure rentable sans cette seconde transformation, «mais les discussions qu’on a eues avec nos clients étaient à l’effet de la faire plus tôt que tard», a affirmé le président et chef de la direction.

Benoît Gascon a aussi révélé que Mason Graphite, possédée à 12,5 % par le gouvernement du Québec, œuvre fortement à valoriser les résidus qui proviendront du traitement du graphite, «afin de fabriquer des produits commercialisables pour favoriser l’économie circulaire». La compagnie travaille d’ailleurs à créer avec ses résidus un géopolymère, qui pourrait remplacer le béton dans certaines conditions d’utilisation.