La plupart des immeubles à logement locatif devraient être érigés au centre-ville de Gaspé, ce qui explique la nécessité de mesures applicables aux secteurs périphériques.

Logements locatifs: des mesures pour accélérer la construction à Gaspé

GASPÉ — Le maire de Gaspé, Daniel Côté, souhaite que la loi privée 205, conférant à la Ville de Gaspé des moyens pour accélérer la construction de logements locatifs, débouchera sur l’addition de 150 à 200 nouvelles unités d’ici cinq ans, pour contrer la pénurie d’habitations dans la municipalité de 15 000 personnes.

Le taux de vacance de logement à Gaspé s’établit à 1,2 %. Entrée en vigueur mercredi, la loi 205 donnera deux types d’avantages aux entrepreneurs immobiliers, un crédit de taxes municipales pendant cinq ans, ou l’aménagement de services municipaux comme l’aqueduc et l’égout aux frais de la Ville de Gaspé, en tout ou en partie.

«Les détails restent à décider en conseil municipal. On veut être équitable dans les projets, tant dans la partie infrastructures municipales [aqueduc et égout] que la partie touchant le crédit de taxe. La Ville peut aller jusqu’à 500 000 $ d’appui par projet, sans dépasser un total de 2 millions $ au cours des cinq prochaines années», précise le maire Côté.

Considérant que la majorité des immeubles locatifs seront probablement érigés au centre-ville, l’administration municipale a aussi inclus dans la loi 205 des dispositions visant à favoriser l’acquisition de maisons dans les secteurs présentant des indices de dévitalisation sur son territoire. Les limites municipales de Gaspé s’étirent sur 120 kilomètres.

«Cet avantage pourrait prendre la forme d’un crédit de taxe, comme la taxe de Bienvenue, ou droit de mutation, lors de l’acquisition d’une maison dans les secteurs compris entre l’Anse-à-Valleau et Petit-Cap, puis de l’Anse-au-Griffon-Cap-des-Rosiers à Cap-aux-Os. On va regarder si un crédit de taxes municipales aurait aussi un effet favorable. On a le droit d’aller jusqu’à 10 000 $ par acquisition», ajoute Daniel Côté.

La Ville de Gaspé a fait son bout de chemin depuis quelques années en ajoutant 125 unités de logement social sur son territoire. Elle ne pouvait toutefois intervenir dans le secteur privé sans l’adoption d’une loi en ce sens par l’Assemblée nationale.

«C’est pour palier le coût supplémentaire de construction de 30 % ici, d’après le chiffre donné par les promoteurs immobiliers», note le maire.

Un frein à l’économie

L’évaluation du taux de vacance de logement à 1,2 % date d’octobre 2017. «C’est un pourcentage tenant compte de tous les secteurs. Au centre-ville, c’est 0 %. C’est clair qu’on est plus bas que ça [1,2 %] sur l’ensemble du territoire. La situation du logement ne s’est pas améliorée depuis deux ans», assure M. Côté.

«L’économie est en pleine effervescence. On manque sérieusement de travailleurs. Si tous les postes étaient comblés, l’économie serait encore plus forte. On a des défis commerciaux, comme partout sur la planète, à cause des achats en ligne. Présentement, c’est le manque de logement qui crée principalement la pénurie de main-d’œuvre», explique Daniel Côté.

La Ville de Gaspé fait le pari que les sommes consenties en crédits de taxes ou en infrastructures de services seront vite regagnées en investissements immobiliers, en amélioration locatives ou par le biais d’accès à la propriété pour des jeunes.

«Ces jeunes familles investiront dans leurs propriétés. Nous regagnerons notre mise, et les commerces investiront aussi pour satisfaire les nouveaux résidents», dit M. Côté. La valeur foncière de Gaspé est de 1,4 milliard $.

Depuis la fin de 2016, l’usine de pales éoliennes LM Wind Power a embauché 285 nouveaux travailleurs et elle en compte maintenant 485 pour satisfaire ses contrats d’exportation. Trois chantiers navals embauchant 125 personnes fonctionnent à plein régime. Les pêches commerciales génèrent des revenus records depuis cinq ans et le tourisme suit la même tendance.

Avant la loi 205, la Ville de Gaspé avait mis en vente 10 terrains au coût d’un dollar, à condition que les acquéreurs entament vite la construction d’immeubles locatifs. Sept terrains ont trouvé preneurs mais trois développeurs se sont désistés en raison du délai de réalisation trop court. Quatre immeubles de trois unités sont présentement en construction.