En août, l’ex-maire de Baie-Trinité, Denis Lejeune, a été condamné à payer près de 11 300 $ à Me Christian Maltais, celui qui le défendait devant les tribunaux dans son dossier d’agression sexuelle.

L’ex-maire de Baie-Trinité «intéresse toujours» le ministère des Affaires municipales

BAIE-COMEAU — Même s’il a démissionné en août dernier, l’ex-maire de Baie-Trinité Denis Lejeune, condamné pour agression sexuelle, intéresse toujours le ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire (MAMOT). Dans une lettre expédiée à l’actuel conseil municipal, le ministère s’interroge particulièrement sur «la situation financière de Baie-Trinité et sa saine gestion».

Cette lettre, publiée sur le site Web du MAMOT, nous apprend que l’administration du village nord-côtier, malgré plusieurs rappels, a omis de transmettre de nombreux documents au ministère, dont le rapport financier 2016, le relevé sur les déclarations d’intérêts pécuniaires des élus et la divulgation sur le Web de la liste des contrats de 25 000 $ et plus du village.

Le sous-ministre Marc Croteau, signataire de cette lettre, mentionne aussi que le conseil et le personnel municipal «éprouvent des difficultés» à répondre aux questions du MAMOT sur la situation financière et il se dit préoccupé. «Le Ministère évalue, conséquemment, les mesures devant être prises pour redresser la situation», est-il mentionné.

Le Ministère a également nommé un observateur qui fera rapport à ses supérieurs d’ici le 1er décembre sur «l’administration et l’exécution des lois municipales [à] Baie-Trinité».

Un autre point qui inquiète le sous-ministre est le fait qu’il a été informé par des citoyens que l’ex-maire Lejeune serait toujours présent dans les bureaux municipaux et que l’actuel conseil songerait même à lui accorder un contrat. «J’invite les élus de Baie-Trinité à faire preuve de prudence et d’exemplarité», leur a-t-il rappelé en soulignant qu’il existe des règles éthiques en matière de confidentia­lité et d’après-mandat.

Rappelons que Denis Lejeune a démissionné le 8 août, soit à la fin de la période dont il disposait pour demander à la Cour suprême de statuer sur le refus de la Cour d’appel d’entendre sa requête. Celle-ci portait sur son verdict de culpabilité d’agression sexuelle à l’endroit d’une ex-employée municipale, à qui il a notamment pris les seins.

Après cette date, Lejeune aurait vraisemblablement fait face à une procédure de destitution de la part de la Commission municipale du Québec. Il a plutôt choisi la voie de la démission.

En 2015, l’ex-maire a été reconnu coupable, mais avait bénéficié d’un sursis de sentence. Il a pu rester en poste en raison des dispositions de la loi d’alors, qui disait qu’un élu pouvait continuer à siéger s’il écopait d’une peine d’emprisonnement de moins de 30 jours. Il avait été accusé en 2013, ce qui ne l’avait pas empêché d’être réélu quelques mois plus tard.

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LEJEUNE CONDAMNÉ À PAYER 11 300 $

BAIE-TRINITÉ — Décidément, Denis Lejeune n’est pas au bout de ses peines. Il a été condamné, en août, à payer près de 11 300 $ à Me Christian Maltais, celui qui le défendait devant les tribunaux dans son dossier d’agression sexuelle. 

Cette somme représente en grande partie les honoraires que l’avocat estimait non payés par son client. Lejeune prétendait au contraire qu’il n’avait pas à payer ce montant, lui qui avait déjà versé autour de 47 500 $ à Me Maltais pour sa défense. Dans sa décision, la juge Sonia Bérubé de la division des petites créances de la Cour du Québec a estimé que les reproches de Lejeune «quant à la manière dont les honoraires lui ont été facturés ont été causés par la façon dont lui-même a géré ce dossier», écrit-elle. 

« La preuve est prépondérante à l’effet que Me Maltais a, à plusieurs reprises, rappelé à M. Lejeune qu’une entente devait intervenir pour les honoraires à venir», malgré les prétentions de l’ex-maire de Baie-Trinité, souligne aussi le jugement.