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Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles du Québec, Jonatan Julien, voit un «avenir fantastique, honnêtement» pour l’énergie éolienne québécoise.
Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles du Québec, Jonatan Julien, voit un «avenir fantastique, honnêtement» pour l’énergie éolienne québécoise.

Les «planètes sont alignées» pour l’énergie éolienne

Gilles Gagné
Gilles Gagné
Collaboration spéciale
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CARLETON — Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles du Québec, Jonatan Julien, voit un «avenir fantastique, honnêtement» pour l’énergie éolienne québécoise. Il ajoute que «les planètes sont alignées, dorénavant» pour ce type d’énergie qu’il qualifie «d’hyper concurrentielle».

De passage en Gaspésie récemment, le ministre Julien a présenté en détail ce qu’il voit comme déploiement éolien au cours des prochaines années. Dans sa vision des choses, ça bougera avant la fin de 2021. Ce déploiement se réalisera en deux grandes étapes, le renouvellement des contrats pour les parcs existants, et une expansion de la production.

Deux étapes préliminaires précéderont ces deux vagues. Il y a bien sûr le développement du projet Apuiat, avec les Innus de la Côte-Nord, annoncé le 4 février pour honorer une promesse suivant un report de ce parc éolien en 2018 par le gouvernement Legault. Il s’agit d’un projet de 200 mégawatts, nécessitant un investissement de 600 millions (M)$ et détenu à parts égales par les Innus et la firme Boralex. Dans ce cas, le prix négocié entre les promoteurs et Hydro-Québec s’établit à 6 cents le kilowatt.

L’autre étape préliminaire prendra la forme d’un appel d’offres pour établir un prix étalon. Cet appel d’offres sera selon toute vraisemblance lancé avant la fin de 2021 et il visera l’installation de parcs éoliens totalisant entre 200 et 500 mégawatts. Cette dernière donnée reste à préciser.

Le ministre Julien veut se servir du prix étalon pour établir une base de négociation avec les propriétaires des parcs éoliens déjà bâtis au Québec, et dont les contrats arriveront graduellement à échéance à compter de 2026. Ce sera la première vague de redéploiement et elle touchera des parcs éoliens d’une puissance totale installée de 3800 mégawatts.

«Cette mesure étalon va nous dire : écoutez, on a obtenu un prix concurrentiel. Je sais que vos contrats viennent à échéance en 2026-2027-2028. Êtes-vous prêt à continuer, puisque votre durée de vie fiscale est probablement […] amortie, mais vos éoliennes, vos tours fonctionnent encore? Si on était prêt à continuer avec vous pendant 10 ans, quel prix vous nous feriez, toujours en gardant la mesure étalon qu’on a obtenue en appel de concurrence? Ce serait le fun que vous battiez ce prix-là parce qu’on est capable d’avoir du neuf à ce prix-là», explique le ministre Julien.

Il veut profiter du fait que ces parcs existants sont implantés dans les communautés, «[qu’ils] donnent des retombées économiques pour les communautés […] l’acceptabilité sociale est déjà en lieu et en place, pour poursuivre, mettons pour une dizaine d’années supplémentaires. Donc, première volonté : plutôt que faire démanteler les parcs éoliens existant à la fin des contrats, essayons de les faire perdurer jusqu’à la fin de leur vie utile réelle», ajoute Jonatan Julien.

Il croit qu’un appel d’offres publié dans quelques mois pourrait retrancher quelques dixièmes de cent au prix de 6 cents obtenu lors du projet Apuiat, caractérisé par un prix de 7,2 cents en 2018.


« Hydro-Québec a réussi à retravailler le dossier avec les Innus et Boralex pour l’emmener à 6 sous et probablement qu’en appel d’offres pleinement concurrentiel dans un an, on va être à 5,5 [cents] »
Jonatan Julien, ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles du Québec

En ce qui a trait à sa deuxième vague de développement, elle touchera l’addition d’une quantité encore indéterminée de mégawatts d’énergie renouvelable au Québec, pas nécessairement de source éolienne.

«Après, c’est rapidement, en fin de 2022 probablement, [il s’agit de] lancer de nouveaux appels d’offres pour de nouveaux approvisionnements. On appelle ça de “l’énergie renouvelable toutes sources”. [Ces appels d’offres iront de l’avant] parce que les besoins sont supérieurs aux seuls renouvellements qu’on a devant nous, parce qu’on voit le plan d’approvisionnement [d’Hydro-Québec], qui nécessite plus de besoins que ça [les seuls renouvellements de capacité existante]. Là, on dit toutes sources; on pense que l’énergie éolienne va être en mesure d’aller chercher sa juste part, parce qu’elle est fortement concurrentielle en termes d’efficience et de coût», précise le ministre Julien.

Les barrages, l’énergie solaire et l’utilisation de biomasse forestière pour produire de l’électricité se classent généralement aussi dans l’énergie renouvelable toutes sources, avec un classement variable sur ce point par les clients importateurs. L’éolien est considéré plus vert les barrages.

Les 6 cents du kilowatt négociés en marge du projet Apuiat en font le parc éolien offrant le meilleur coût à Hydro-Québec depuis la création de la filière éolienne sur une base commerciale, en 1999.

Chaque mégawatt installé de production éolienne nécessite habituellement un investissement de 2,5 M$ à 3 M$.