La communauté innue de Uashat mak Mani-Utenam à Sept-Îles

Les Innus à la défense de la rivière Moisie

Pendant que Québec vante le «développement intégré et durable» du Plan Nord devant l'Arctic Circle, les Innus d'Uashat mak Mani-Utenam pressent le gouvernement de protéger une fois pour toutes la rivière Moisie.
«Les Innus sont les premiers propriétaires de la rivière Moisie et nous exigeons sa pleine protection», a affirmé le chef de la communauté située près de Sept-Îles, Mike McKenzie. La réputée rivière à saumon est qualifiée pour l'heure de réserve aquatique projetée, un statut qui doit être constamment renouvelé. 
«Le gouvernement doit s'engager à donner le statut permanent de réserve aquatique à la rivière Moisie et ses affluents, afin de protéger ce patrimoine historique et culturel de la nation innue», a poursuivi le chef McKenzie, qui estime que Québec devrait inclure la rivière de la Côte-Nord dans son objectif de protéger 50 % du territoire du Plan Nord. 
Appel à la collaboration
Les Innus ne ratent pas non plus l'occasion de rappeler que l'État doit orchestrer le développement nordique avec leur «consentement», sans quoi «il ne peut être qualifié de durable», soutient M. McKenzie. En ce sens, la bande exhorte le gouvernement «de protéger notre mode de vie et celui d'espèces menacées comme le caribou forestier». 
Plus au nord, la généreuse fosse du Labrador, riche en ressources ferreuses, devra aussi être autre chose qu'une «zone industrielle et minière», prévient le chef. «C'est une zone vitale pour le peuple innu, son identité, son économie et son mode de vie qui demeurent tributaires de la présence et de la vitalité des animaux et plantes qui y vivent.»
Le conseil Innu Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam s'est aussi joint à la campagne Observateurs du Plus Nord lancée en marge de l'Arctic Circle par la Société pour la nature et les parcs du Canada et Nature Québec, qui déplorent «les progrès trop lents» de la création d'aires protégées sur 20 % au-delà du 49e parallèle d'ici 2020.