Le pont de la route 132 enjambant la rivière Grande-Cascapédia aura été fermé pendant près de 13 mois, quand il rouvrira, en juin 2018.

Le pont de la 132 rouvrira en juin 2018

Le ministère des Transports du Québec prévoit pour juin 2018 la réouverture du pont de la route 132 enjambant la rivière Grande-Cascapédia, pont fermé le 8 mai en raison des dommages causés par la crue printanière à l'un de ses 10 piliers.
Cette crue avait miné le gravier sous le pilier, causant un affouillement qui s'était répercuté sur la chaussée. La fermeture avait été effective sur-le-champ en raison des possibilités d'écroulement du pilier et de deux travées. Transports Québec avait déterminé que ces trois éléments étaient irrécupérables le lendemain de la fermeture. 
La situation avait forcé les usagers à emprunter un détour de 11,5 kilomètres par le biais de routes secondaires généralement tranquilles et nullement adaptées à la densité de la circulation, soit 6500 véhicules par jour comme moyenne annuelle, avec des pointes de plus de 9000 véhicules l'été.
L'ingénieur Victor Bérubé, de Transports Québec, précise que 90 % des plans de travaux à venir sont prêts, et que le Ministère devrait être prêt à aller en appel d'offres le 7 août, pour une date butoir de dépôt des soumissions le 28 du même mois.
«L'attribution du contrat devrait avoir lieu à la mi-septembre [...] et les travaux seront menés de septembre à mai 2018. La remise en circulation est prévue pour juin 2018, avec le pavage de la mi-juin à la mi-juillet», dit-il.
Le coût du projet se situera entre 5 et 10 millions $, un montant fort général parce que Transports Québec ne veut pas suggérer de prix aux entrepreneurs.
Les travaux seront réalisés en deux étapes : d'abord l'enlèvement des deux travées à remplacer et la démolition du pilier endommagé, puis leur remplacement. Des jetées devront être aménagées pour réaliser ces travaux, qui ne toucheront pas qu'un pilier et deux travées.
«Chaque pile aura un nouveau chevêtre», note Victor Bérubé en parlant d'une structure de protection qui empêchera la répétition de l'affouillement du 8 mai. «Des pales planches seront installées [pour protéger les piliers] et on coulera du béton pour combler l'espace entre la pale planche et les piles.»
Les travaux seront menés en continu malgré l'hiver. Le directeur régional de Transports Québec, Yves Berger, admet qu'il aurait été plus compliqué de travailler dans la rivière en pleine saison de pêche sportive au saumon, dans une rivière reconnue mondialement pour cette activité.
«Il y a surtout eu des autorisations à obtenir», précise M. Berger, en parlant des directions de la Faune, de l'Environnement et même du ministère fédéral des Pêches et des Océans, notamment parce que la marée se rend en amont du pont.
Transports Québec n'aurait pu, pour gagner deux mois, désigner un entrepreneur sans passer par un appel d'offres, comme cela se fait dans des situations d'urgence. «Compte tenu de l'ampleur des travaux, c'était trop gros, trop complexe pour ce genre de tâches», ajoute M. Berger. 
Transports Québec aménagera de plus une autre route secondaire pour alléger le fardeau incombant au détour formé par les routes MacKay, des Ponts et 299, détour ayant bénéficié d'un pavage complet en juin. En août, c'est la route Patrickton qui sera repavée. Les déplacements vers l'ouest y seront concentrés, et ceux vers l'est seront idéalement dirigés vers MacKay. Ces deux initiatives ajouteront 3 millions $ à la facture totale.
Les renseignements communiqués mercredi par Transports Québec surviennent une semaine après qu'un avocat de Carleton, Nérée Cormier, eut demandé tous les documents gouvernementaux ayant trait à la fermeture du pont. Me Cormier croit que «l'État aurait dû agir avec plus d'empressement depuis le 8 mai, pour des raisons de sécurité».