«Nous, on va faire les travaux, mais on ne ferme pas», assure Lucie Bergeron, trésorière du Site historique maritime du phare de Cap-des-Rosiers.

Le plus haut phare au Canada menacé de fermeture

Ottawa recommande de fermer le phare de Cap-des-Rosiers, le plus haut au Canada, le temps de compléter des travaux d'urgence. «Ça m'a fait mal au coeur de recevoir ça, près du 1er juillet, l'année du 150e. C'est scandaleux», lance Lucie Bergeron, trésorière de l'organisme qui met en valeur ce lieu historique national situé aux portes du parc Forillon en Gaspésie.
«Le niveau de détérioration de certaines composantes ne permet plus de garantir la sécurité des personnes», indique Pêches et Océans Canada, le propriétaire du phare, dans un rapport envoyé mercredi au Site historique maritime du phare de Cap-des-Rosiers. 
Il faudrait rapidement solidifier les escaliers et les paliers, dresser un périmètre de sécurité de quatre mères autour du phare et un couloir de protection jusqu'à la porte d'entrée, énumère le rapport, rédigé à la suite d'une inspection fédérale faite l'automne dernier. 
Mme Bergeron n'en revient pas de recevoir une telle nouvelle au moment où les touristes arrivent et que les entrepreneurs ont déjà beaucoup d'ouvrage. «Nous, on va faire les travaux, mais on ne ferme pas», assure-t-elle. L'organisme embauche sept personnes et a déjà entamé sa saison.
Mme Bergeron a interpellé jeudi la ministre libérale Diane Lebouthillier, députée de Gaspésie-Les Îles-de-la-Madeleine, alors qu'elle annonçait 6 millions $ pour mettre à niveau les campings du parc Forillon. «Vous parlez de tourisme, le phare est à côté du parc Forillon et vous n'êtes pas foutus de vous en occuper!» a lancé Mme Bergeron.
Des travaux de 6 millions $
La réfection complète du phare coûtera justement 6 millions $, calcule le ministère, qui veut se départir du bâtiment. Il l'a qualifié d'excédentaire en 2010. Ni la corporation du Site historique ni la Ville de Gaspé ne veulent l'acquérir, faute de garantie d'obtenir des fonds pour le réparer et l'entretenir. Les murs du phare présentent des lézardes et l'eau s'y infiltre un peu plus chaque année.
En entrevue avec Le Soleil, Mme Lebouthillier a dit qu'elle voulait d'abord prendre connaissance du rapport de Pêches et Océans. Elle ne se prononce pas sur la pertinence que Parcs Canada acquière le bâtiment. «Au plan patrimonial, il y a énormément de bâtiments dans l'ensemble du Canada. Il faut regarder ça avec une vue d'ensemble.»
Situation «presque pathétique»
Le maire de Gaspé, Daniel Côté, qualifie la situation de «triste, presque pathétique. Ça fait longtemps qu'on sait que le phare souffre de sous-entretien. Quand tu es propriétaire d'un bâtiment, tu en prends soin.»
Environ 30 000 personnes s'arrêtent chaque année au phare de Cap-des-Rosiers et 7000 y entrent pour une visite guidée. Ce phare de 34 mètres de haut a été construit entre 1853 et 1858 pour prévenir les naufrages fréquents et mortels à l'époque. Héritage Canada l'a placé dans son palmarès 2013 des 10 sites les plus menacés au pays.