Óra est un lait entier non homogénéisé ni écrémé. Vendu en bouteille, il rappelle le lait d’une autre génération, avec la petite couche de crème à la surface.

Le moment d’amour de Jean-Mathieu

Ils sont jeunes, ils vivent en région, ils ont des idées et ils affichent de l’ambition. Le Soleil est allé à la rencontre de ces «changeurs de monde». 3e de 5

Présentation

NOM : Jean-Mathieu D’Amour

ÂGE : 28 ans

LIEU : Rivière-du-Loup

RÉALISATION : fondateur de la laiterie Óra

PROCHAIN PROJET : construire son usine de pasteurisation

Lorsqu’il avait 25 ans, l’agriculteur Jean-Mathieu D’Amour rêvait d’un lait unique, qui se démarquerait de tout ce qu’on retrouve sur les tablettes des épiceries. Trois ans plus tard est né Óra, qui signifie «mon moment» en grec. D’où le slogan «Mon moment d’amour», qui évoque à la fois le nom de son créateur.

Óra est un lait entier non homogénéisé ni écrémé. Vendu en bouteille, il rappelle le lait d’une autre génération, avec la petite couche de crème à la surface. Le produit ne subit qu’un seul traitement : la pasteurisation. Le pourcentage de matières grasses est, au minimum, de 3,8 %. «Il peut être à 4 %, indique le producteur laitier de 28 ans. Il est comme la vache le donne!» Grâce à l’alimentation de ses vaches qui sont nourries, en partie, de graines de lin, le lait Óra est naturellement enrichi en oméga-3.

La laiterie Óra produit 1000 bouteilles par semaine qui sont vendues dans la majorité des marchés situés entre Saint-Jean-Port-Joli et Rimouski ainsi que dans plusieurs attraits touristiques du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie. «Avec l’image de marque qu’on a, on a essayé d’aller chercher les côtés moderne et ancien, avec la bouteille qui est en plastique recyclable, mais dont la forme est comme les anciennes bouteilles de vitre, comme dans le temps», explique Jean-Mathieu D’Amour.

Clientèle variée

Sa clientèle se compose de plusieurs jeunes familles. «Les dernières études démontrent que, pour le développement des jeunes enfants, le lait entier est favorable», souligne-t-il. Il a aussi des clients qui ont connu le lait d’antan. «Ils achètent ce lait-là et ça leur rappelle des souvenirs, dit-il. Tout le monde a une histoire à conter avec le lait. C’est un aliment qui fait partie de l’histoire du Québec!»

En prenant la relève de la ferme de son grand-père Gérard, le 1er mai 2009, Jean-Mathieu devenait la sixième génération de D’Amour a exploiter l’entreprise agricole. Onze jours après être devenu propriétaire de la ferme, il a gradué de l’Institut de technologie agroalimentaire de La Pocatière. Puis, un an plus tard, il a acheté une deuxième ferme : celle de son voisin, Jean-Cyr Caron. Jean-Mathieu D’Amour possède 36 vaches en lactation. Ses superficies cultivables sont de 400 acres. Sa conjointe, Kim Belzile, travaille avec lui. Il a aussi quelques employés.

Jean-Mathieu ne s’est pas arrêté là. Il a transformé une ancienne étable froide en poulailler pouvant loger 1400 poules. Pour le moment, le poulailler accueille 560 poules pondeuses. «Au printemps, on va en entrer 650 à 700 autres», indique-t-il. D’ici trois à cinq ans, il prévoit en avoir 1400.

La ferme produit 42 douzaines d’œufs par jour. «Les gens viennent acheter les œufs à la boutique, raconte l’aviculteur. Le reste de la semaine, il y a une glacière sur le perron. On met des œufs et du change dedans. Les gens viennent s’en chercher. On ne s’est jamais fait voler. Les gens qui se déplacent pour venir chercher des œufs frais ont une conscience.»

Deux bébés en un mois

Après l’avoir imaginé, conçu et créé, Jean-Mathieu D’Amour a mis au monde le lait Óra le 28 février. Un mois plus tard, jour pour jour, est né son premier fils, Nathan. Lui et sa conjointe, Kim Belzile, ont bien peu dormi pendant cette période! «On s’habitue», laisse candidement tomber Jean-Mathieu.

Pour la petite histoire, Jean-Mathieu est le fils aîné du député de Rivière-du-Loup–Témiscouata et ministre délégué aux Affaires maritimes, Jean D’Amour.

«On est quatre enfants et on passait nos étés à la ferme, raconte le fils du politicien. On habitait à côté. Mon père nous avait acheté une douzaine de poules et des coqs à chair. C’est nous autres qui s’en occupait. C’est là que ça a commencé. Après ça, j’ai eu une run de journal. Ce n’était pas Le Soleil, c’était Le Journal de Québec. J’ai appris à travailler de même. Après, j’ai lâché les journaux pour aller travailler à la ferme le matin. Puis, j’ai tout le temps continué. Je n’ai jamais eu besoin de dire à mon père que je deviendrais agriculteur. C’était évident!»