Une fuite d’huile rend le NM F.-A.-Gauthier hors service pour une durée indéterminée.
Une fuite d’huile rend le NM F.-A.-Gauthier hors service pour une durée indéterminée.

Le F.-A.-Gauthier encore hors service pour une durée indéterminée

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
Cinq jours après être revenu d’un arrêt technique réglementaire de six semaines, le navire NM F.-A.-Gauthier fait encore des siennes. Une fuite d’huile rend le vaisseau-amiral de la Société des traversiers du Québec (STQ) hors service pour une durée indéterminée. Encore une fois, la patience des usagers de la traverse Matane-Baie-Comeau-Godbout est mise à rude épreuve.

Appelé en renfort, le bateau de relève de la STQ, le Saaremaa 1, ne pourra assurer les liaisons qu’à compter de lundi au plus tôt. «Après le transit depuis Trois-Rivières de près de 20 heures, une période de préparation sera nécessaire, explique le conseiller en communications de la société d’État, Bruno Verreault. Le moment exact de la reprise sera communiqué à la clientèle via les plateformes habituelles dès qu’il sera possible de le faire. La priorité de la STQ est de rétablir le service le plus rapidement possible à la traverse avec son navire de relève, le temps de procéder aux diagnostics requis sur le NM F.-A.-Gauthier. Entre-temps, la STQ invite sa clientèle à utiliser la traverse Rivière-du-Loup–Saint-Siméon, où trois traversées sont offertes quotidiennement.»

Le porte-parole de la Société indique que des travailleurs sont à pied d’oeuvre afin de comprendre la cause exacte de cette fuite d’huile repérée jeudi. «Des tests auront lieu au cours des prochains jours afin de l’identifier et de déterminer les réparations requises. Des plongeurs réaliseront des inspections sous-marines. Dans les circonstances, la durée des travaux n’est pas connue pour le moment.» Selon nos sources, un problème avec les propulseurs serait encore en cause. «Il est beaucoup trop tôt pour s’avancer sur la cause», indique M. Verreault.

Impression de jouer dans un mauvais film

Le député de René-Lévesque et porte-parole en matière de transport pour le Parti québécois dit avoir le sentiment de jouer dans un mauvais film, surtout que la situation lui rappelle celle vécue en janvier 2019, à la suite de laquelle le traversier avait été en réparation pendant treize mois. «J’ai l’impression de vivre un vieux classique des Fêtes qui revient chaque fois et qui serait supposé nous réconforter, mais c’est tout à fait l’inverse, illustre Martin Ouellet. L’arrêt technique tel que prévu devait permettre de remplir les exigences du gouvernement fédéral quant à sa capacité de naviguer et je présume qu’on a fait toutes les vérifications. Là, on apprend qu’il y a une fuite d’huile et que le F.-A.-Gauthier devrait s’absenter je ne sais encore combien de temps. Donc, ça laisse encore la population sur le quai!»

En attendant le retour du Saaremaa, le député Ouellet demande à la STQ d’offrir des liaisons aériennes «pour permettre aux gens qui avaient prévu de se déplacer pour des raisons essentielles, puissent le faire». 

Comme le problème est récurrent, le parlementaire souhaite une solution récurrente. «L’année passée, les ponts aériens ont été appréciés. En plus, on est en temps de COVID. Les vols d’avion ne sont pas pleins. Donc, il y a peut-être des compagnies aériennes qui aimeraient faire un peu leurs frais en permettant aux gens de traverser et d’être chez eux le week-end.»

À la question pour savoir s’il est abasourdi du fait que le traversier construit en 2015 au coût de 170,2 millions$ ait encore des problèmes, Martin Ouellet répond: «Je ne sais plus quoi dire, si ce n’est que ce bateau-là continue à nous causer des casse-tête et que ça arrive régulièrement dans le temps des Fêtes. C’est un cadeau empoisonné!»