L’hiver, le CTMA Vacancier peut prendre de 24 à 30 heures pour relier Cap-aux-Meules (Îles-de-la-Madeleine) à Souris (Île-du-Prince-Édouard). L’été, par beau temps, la traversée prend cinq heures.

Le CTMA Vacancier redirigé vers la Nouvelle-Écosse à cause des glaces

CARLETON – Les rigueurs de l’hiver ont aussi frappé la navigation desservant les Îles-de-la-Madeleine depuis lundi soir alors que la Coopérative de transport maritime et aérien a été obligée de rediriger son traversier CTMA Vacancier vers North Sydney, en Nouvelle-Écosse, à cause de conditions extrêmes de glaces.

Normalement, l’hiver, le CTMA Vacancier relie Cap-aux-Meules, aux Îles-de-la-Madeleine, à Souris, Île-du-Prince-Édouard. Il est parti à 8h lundi et devait arriver à Souris entre 24 et 30 heures plus tard, soit dans le courant de la journée de mardi.

Escorté par le Louis S. St-Laurent, le plus puissant brise-glace de la Garde côtière canadienne, l’équipage du CTMA Voyageur a été informé dans la soirée de lundi qu’il était recommandé de rediriger le traversier vers North Sydney, au Cap-Breton.

«Les conditions de glaces sont extrêmes dans le secteur de Souris. On avait le brise-glace Louis S. St-Laurent qui nous escortait et c’est sous la directive (de l’équipage) du brise-glace que nous avons changé nos plans», précise Claudia Delaney, porte-parole de la CTMA.

Le détour pour les passagers à bord et ceux qui devaient embarquer à Souris pour se rendre aux Îles-de-la-Madeleine est considérable. La distance entre North Sydney et le sud-est du Nouveau-Brunswick, où l’on arrive en provenance de l’Île-du-Prince-Édouard, approche les 600 kilomètres. Ceux qui étaient déjà rendus à Souris lundi afin de prendre le traversier le lendemain ont dû ajouter 225 kilomètres de plus pour revenir sur leurs pas et se rendre à North Sydney.

Les glaces ajoutent plusieurs heures au temps de parcours maritime présentement dans les provinces atlantiques.

Une journée de plus en mer

Ainsi, le CTMA Vacancier devait prendre une trentaine d’heures de lundi à mardi entre Cap-aux-Meules et Souris. Son «détournement» vers North Sydney ajoute une journée de plus en mer, dans les conditions actuelles.

«Il devrait arriver demain (mercredi) au début de l’après-midi», signalait Claudia Delaney mardi matin.

Sans glaces, le CTMA Vacancier, ou le Madeleine de mai à janvier, parcourent la distance entre Cap-aux-Meules et Souris en bien moins de temps.

«C’est une traversée qui prend cinq heures l’été, en eau claire. Mais l’hiver, c’est différent, quand il y a de la glace. On prévient nos passagers que ça devient une croisière hivernale», note Mme Delaney.

Le CTMA Vacancier est équipé de près de 200 cabines et peut conséquemment s’adapter à ces longs parcours, compte tenu qu’il est assigné l’été au lien Montréal-Cap-aux-Meules.

En 2015, les glaces avaient aussi forcé l’équipage du CTMA Vacancier à le diriger à Sydney parce que le port de Souris était congestionné.

Les contretemps vécus par les Madelinots sont significativement moins éprouvants que les déconvenues vécues depuis le 17 décembre par les usagers du triangle Matane-Baie-Comeau–Godbout, dans l’estuaire du Saint-Laurent.

Les retards d’approvisionnement en premières nécessités aux Îles-de-la-Madeleine ont d’ailleurs eu une incidence sur le service Matane-Côte-Nord puisqu’un autre navire de la CTMA, le CTMA Voyageur, qui dépannait la Société des traversiers du Québec entre la rive sud, Baie-Comeau et Godbout depuis quelques jours, a été réquisitionné lundi soir pour approvisionner l’archipel madelinot, sa mission première.

Depuis les problèmes majeurs frappant le F.A.-Gauthier entre Matane et la Côte-Nord, trois navires, dont le CTMA Vacancier, ont pris la relève pour tenter d’assurer ce service essentiel, avec des contraintes et des degrés de succès variables.

Pour le moment, la Société des traversiers du Québec tente le plus vite possible de remettre en service le navire de remplacement acheté en janvier, l’Apollo, qui a été endommagé à la suite d'un impact avec le quai de Godbout le 25 février.