Le navire grec Corfu Island s'est échoué le 20 décembre 1963 sur une plage des Îles-de-la-Madeleine située à L'Étang-du-Nord.

Le Corfu Island analysé... 53 ans après son naufrage

«Enfin!» C'est ce que s'exclament plusieurs Madelinots, alors que les travaux entourant l'analyse de l'épave du Corfu Island, qui gît depuis 53 ans sur une plage achalandée des Îles-de-la-Madeleine, débuteront dans les prochains jours.
Pour le président de la communauté maritime, Jonathan Lapierre, c'est une excellente nouvelle. Cela fait des lustres que les élus demandent à Ottawa d'intervenir, surtout parce que les vestiges de ce vieux navire échoué laissent s'écouler, chaque année, des litres et des litres de mazout.
Selon le maire des Îles, le ministre de Pêches et Océans Canada a annoncé, lors de son passage sur l'archipel à la fin avril, que l'épave du Corfu Island serait priorisée dans les démarches de son gouvernement, en vertu du nouveau programme favorisant l'enlèvement des épaves abandonnées issu du Plan de protection des océans, d'une enveloppe de 1,5 milliard $. 
«Dominic LeBlanc a annoncé qu'il répondait à 100 % à la demande de la communauté maritime, se réjouit Jonathan Lapierre. On avait demandé d'avoir une caractérisation de l'état de l'épave et de la quantité d'hydrocarbures présente. Ça permettra de tracer un portrait de l'état de situation de l'épave, de la corrosion et de sa fragilité.» L'analyse tentera également d'évaluer la quantité de mazout encore contenue dans les ruines du navire grec qui s'est échoué le 20 décembre 1963 sur la plage de l'archipel.
«Ça n'a jamais été fait, souligne le maire Lapierre. C'est la première fois qu'on réussit à obtenir gain de cause dans nos revendications et c'est extrêmement important pour nous puisque, dans les dernières années, on a connu des épisodes qui ont fait en sorte qu'on a été dans l'obligation de fermer la plage pendant toute la période estivale à cause des écoulements de mazout. Pour nous, qu'il y ait une préoccupation confirmée par le gouvernement fédéral et un plan d'action associé à ça, c'est une excellente nouvelle!»
Personne ne connaît la quantité de mazout qui se dégage des ruines du bateau. «On n'a jamais été en mesure d'aller dans l'épave parce qu'on n'a pas les équipements pour calculer la quantité d'hydrocarbures, explique M. Lapierre. On n'a jamais eu de données exactes et la municipalité n'a jamais eu les moyens d'expertiser tout ça. C'est une responsabilité fédérale et collective. Nous, on n'a jamais voulu qu'une épave s'échoue sur les côtes des Îles. On n'a jamais voulu subir ces conséquences-là.»
L'épave du Corfu est dans un secteur prisé et très fréquenté tant par les Madelinots que par les touristes. La plage porte d'ailleurs le nom du bateau échoué. Elle est située à proximité de la microbrasserie À l'abri de la tempête à L'Étang-du-Nord. 
Une fois l'inspection et l'analyse de l'épave complétées, les données colligées orienteront la Garde côtière canadienne sur la suite des travaux à entreprendre. «Est-ce qu'on va renflouer l'épave, la déplacer, la démanteler sur place ou tenter de vider l'intérieur de ses résidus de mazout?» s'interroge M. Lapierre. C'est évidemment un tas de questions dont on n'a pas les réponses aujourd'hui.»