Le puits Haldimand n° 4 de Pieridae est situé à 350 mètres du périmètre urbanisé de Gaspé, et serait donc proscrit par le nouveau projet de règlement.

«Le clou dans le cercueil» de Haldimand

GASPÉ — Les forages pétroliers seront interdits dans les périmètres d’urbanisation et dans une zone d’un kilomètre autour. La deuxième version des projets de règlement sur les hydrocarbures, présentée par le ministre Pierre Moreau mercredi, met ainsi «le clou dans le cercueil» du projet pétrolier Haldimand, réagit le maire de Gaspé, Daniel Côté.

Les quatre premiers projets de règlements, considérés trop laxistes, avaient suscité un tollé en septembre 2017, également parce qu’ils avaient été déposés en plein début de campagne électorale municipale.

Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles a resserré les règles. La fracturation sera prohibée dans le schiste, une roche présente dans les basses terres du Saint-Laurent. Il sera aussi défendu d’utiliser cette technique à partir d’un milieu hydrique, c’est-à-dire d’un cours d’eau.

Ailleurs, les firmes devront fracturer à un minimum d’un kilomètre sous la surface du sol, afin de restreindre les risques pour la nappe phréatique. Aucune distance verticale n’était précisée dans le premier projet.

Il sera interdit de forer à moins de 300 mètres d’une maison et à moins de 550 mètres d’une école ou d’un hôpital, des distances doublées par rapport à la version initiale.

Les forages seront défendus dans les voies navigables, incluant le fleuve Saint-Laurent.

Le maire de Gaspé, Daniel Côté, considère que le projet de Pieridae d’exploiter le pétrole du puits Haldimand n° 4 est bel et bien mort. «Pas juste à cause des règlements, mais aussi de la faiblesse de son potentiel», précise M. Côté. Le puits est à 350 mètres de maisons sises en périmètre urbanisé.

Le maire avait qualifié de «déception totale» les premiers règlements. «Cette fois, j’ai l’impression qu’on a été écoutés plus que jamais.»

La baie de Gaspé doit être incluse dans la définition de «fleuve Saint-Laurent», où les forages sont interdits, veut s’assurer Daniel Côté.

Le maire de Gaspé aurait aimé obtenir des pouvoirs de zonage clairs pour les municipalités dans le nouveau règlement, ce qu’il n’y trouve pas. Elles pourront délimiter certains territoires incompatibles avec des activités de forage, mais seulement à l’expiration des droits d’exploration d’une durée de cinq ans qui couvrent une grande partie de la Gaspésie.

Les citoyens ont 45 jours pour commenter le règlement modifié.

En réaction à l’annonce, le Regroupement vigilance hydrocarbures Québec (RVHQ) reconnaît un pas dans la bonne direction, mais il est surtout «immensément déçu d’apprendre que les nouveaux projets de règlements […] continuent à permettre la fracturation et la stimulation à l’acide des puits de forage en Gaspésie et dans le Bas-Saint-Laurent».

Le RVHQ assure aussi que l’État «doit tourner complètement le dos au développement de la filière des hydrocarbures au Québec, qui est incompatible avec ses engagements en matière de climat et qui se ferait au détriment des secteurs économiques bien établis dans l’est de la province». 

Le RVHQ s’inquiète également du fait «que les règlements remettent à l’État l’entretien des puits après leur fermeture. Cela équivaut à mettre sur le dos des contribuables et des générations futures une dette écologique et économique insoutenable, et cela, à perpétuité. En outre, l’annonce d’aujourd’hui ne comprend aucune mesure indiquant que le gouvernement Couillard prévoit cesser de soutenir financièrement le développement des hydrocarbures».