Virginie Proulx (à l’extrême droite) a été exclue par la majorité des membres du conseil municipal de Rimouski lors d’un vote secret. La décision a été entérinée par le maire Marc Parent (à gauche).
Virginie Proulx (à l’extrême droite) a été exclue par la majorité des membres du conseil municipal de Rimouski lors d’un vote secret. La décision a été entérinée par le maire Marc Parent (à gauche).

La Ville de Rimouski exclut une conseillère municipale

Lors d'un vote secret, les membres du conseil municipal de Rimouski ont voté à la majorité l'exclusion de la conseillère du district Le Bic, Virginie Proulx, des délibérations des comités pléniers. Le maire Marc Parent a entériné la décision.

M. Parent, qui n’a pas répondu à notre demande d’entrevue, explique la décision sur sa page Facebook officielle. «Depuis plusieurs mois, une série d’événements a contribué à la croyance, auprès des élus, que Mme Proulx ne respectait pas son engagement et partageait des renseignements confidentiels découlant des travaux en assemblée plénière. Le 8 mai dernier, un événement ponctuel est venu confirmer à tous les membres du conseil que Mme Proulx partageait, en effet, des renseignements confidentiels à des tiers, en plus de véhiculer des informations auprès de résidents de son district qui ne reflétaient pas la teneur des orientations et décisions du conseil.»

Selon la conseillère exclue, cet événement se rapporte à un échange de courriels entre elle et un citoyen sur lequel certains conseillers municipaux ont mis la main. «Ce citoyen-là avait envoyé un mémoire à la Ville, décrit Virginie Proulx. Il ne comprenait pas pourquoi il n’avait pas eu de réponse. Il me partageait son découragement par rapport à la démocratie au conseil municipal de Rimouski et au fait qu’il n’y a pas d’avancement. Je lui ai partagé que j’étais un peu d’accord avec lui […]. À ce moment-là, quand ils ont vu ça, ils se sont dit que cette conseillère-là ne faisait plus partie de leur gang, qu’ils allaient l’exclure. Après ça, ils se permettent de dire que c’est parce que j’ai brisé des secrets confidentiels, alors que ce n’est pas du tout la raison!»

La raison, pour la conseillère municipale du district du Bic, c’est parce qu’elle dérange depuis longtemps. «Il y a vraiment une culture, dans le conseil municipal de Rimouski, où on ne peut pas s’opposer à certaines décisions. C’est la culture de l’unanimité. Ça a un peu évolué depuis le début de mon mandat parce que je trouvais que ça n’avait pas de bon sens que tout soit à l’unanimité. Il faut vraiment qu’il y ait des changements sur le plan démocratique qui soient faits à Rimouski pour qu’on soit un peu plus dans une démocratie participative avec les citoyens.»

Elle continuera de s’opposer

Selon l’élue tenue à l’écart, les décisions prises en comités pléniers à huis clos «ne respectent pas l’esprit de la loi parce que, normalement, les décisions sont supposées être prises en séance publique». Elle promet toutefois de s’opposer à ces décisions en assemblée lorsqu’elle n’y sera pas favorable puisque s’il lui est interdit de participer aux délibérations des comités pléniers, elle a quand même accès à tous les documents. 

Mme Proulx considère cette exclusion comme une tentative, pour le maire Parent et ses conseillers, de la «décrédibiliser dans l’opinion publique». «Ça joue dur, à Rimouski», lance-t-elle. À son avis, le débat doit dépasser les frontières de Rimouski. «Il faut vraiment réfléchir comment on peut avoir plus de transparence dans les municipalités, surtout celles où il n’y a pas de partis politiques et pas d’opposition.»

Du positif

Même si elle qualifie cette décision d’antidémocratique, la conseillère y voit tout de même du positif. «Je pense que ça va me permettre d’avoir une plus grande liberté de parole parce qu’à Rimouski, les élus ne peuvent pas s’exprimer publiquement sans subir les foudres du conseil municipal, dénonce-t-elle. Il n’y a pas d’opposition. C’est un peu considéré comme un parti unique. Donc, il faut tenir la ligne de parti, alors que les conseillers municipaux sont supposés être indépendants. Je vois une façon d’amener des nouveaux débats sur la place publique qui n’était pas possible avant […]!»

Ambition pour la mairie?

Plus tôt en mai, lorsque Virginie Proulx avait fait connaître sa dissidence par rapport à la position du maire Marc Parent qui était favorable à la levée des points de contrôle routiers du Bas-Saint-Laurent, celui-ci avait laissé sous-entendre que la conseillère municipale avait commencé sa campagne électorale pour la mairie. «Ma décision pour la mairie n’est pas encore prise», fait savoir la principale intéressée. Elle assure que la course à la mairie n’est vraiment pas un enjeu dans la situation actuelle. 

Dans les réseaux sociaux, l’exclusion de la conseillère municipale est un sujet qui polarise les citoyens de Rimouski. «Jusqu’ici, on voit largement de gens qui m’appuient, estime Mme Proulx. Je reçois énormément de messages positifs. Dans les commentaires, les gens ont un désir, une soif de changement de la façon de faire à Rimouski et ils sont contents de voir qu’il y a une conseillère qui ose le dire tout haut.»