Les manifestants ont levé temporairement la barricade vers 20h30, vendredi, le temps de discussions avec Québec.

La route vers La Romaine dégagée

Un entretien téléphonique avec Philippe Couillard vers 20h30 aura finalement convaincu le chef Rodrigue Wapistan et les Innus de Nutashkuan de dégager complètement le chemin d'accès menant au complexe La Romaine, vers 23h vendredi.
Les parties ont convenu de mettre en place un processus de négociation «à haut niveau» pour identifier rapidement les enjeux «à l'origine du blocus» qui aura duré trois jours. Une première rencontre avec le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, doit avoir lieu dès mercredi.
«Je suis fier, extrêmement content du dénouement et je remercie votre chef [Philippe Couillard] pour son ouverture, pour nous avoir écoutés», a réagi le chef Wapistan, tout juste après avoir levé la barricade, qui entravait la circulation vers le chantier de 8 milliards $. «On voulait qu'on nous écoute, qu'il y ait un engagement.»
Les Innus auraient aussi reçu l'assurance que les négociations seront «supervisées étroitement» par le chef et le premier ministre. «Un canal de communication direct sera maintenu entre les deux leaders tout au long du processus», peut-on lire dans un communiqué transmis par le conseil de bande, vendredi un peu avant minuit.
«Notre action était légitime et juste. Mais, comme je l'ai dit dès le début de cette crise, la solution passe par la négociation. Je suis donc satisfait de la réponse du premier ministre qui a reconnu la justesse de nos demandes et s'est dit prêt à mener des négociations de bonne foi», a indiqué le chef Wapistan.
«Nouveau processus de négociation»
La bande confirme entamer un «nouveau processus de négociation avec la ferme intention de régler [ses] litiges avec Hydro-Québec ainsi que de faire respecter [ses] droits et titres ancestraux». Les Innus réclament que la société d'État «respecte leurs droits territoriaux» et, par le fait même, l'entente conclue avec la communauté en 2008.
Selon eux, le gouvernement et Hydro-Québec «bafouent» leurs droits et «mettent en péril» l'environnement. Les Innus accusent la société d'État d'avoir notamment ennoyé plus de 50 % de la ressource forestière, ce qui impliquerait «des conséquences graves sur l'environnement, les activités traditionnelles et le développement économique». Les contrats de déboisement n'auraient pas non plus apporté les fruits escomptés.
La Sûreté du Québec ne rapporte aucun incident pendant les trois jours du barrage routier, qui n'a pas entravé la 138. Avec Optik 360