La mairesse de Chandler devant la Commission municipale pour une troisième fois

La mairesse de Chandler, Louisette Langlois, a débuté lundi matin sa comparution devant la Commission Municipale du Québec (CMQ). Les audiences portent sur 21 manquements allégués au Code d’éthique et de déontologie de la ville, notamment à propos de sa gestion de deux plaintes pour harcèlement psychologique.

Mme Langlois a comparu devant la section juridictionnelle de la commission pour des manquements allégués vis-à-vis de la qualité des services aux citoyens, certains conflits d’intérêts et à propos de la divulgation d’informations confidentielles. 

Celle qui est à la tête de la municipalité depuis 2009 a réitéré son plaidoyer de non-culpabilité devant la juge administrative Sandra Boileau. Sept témoins ont été convoqués par la CMQ tandis que la défense en a appelé huit, en plus de Mme Langlois. 

Harcèlement psychologique

En décembre dernier, une enquête de la CMQ avait conclu que Mme Langlois aurait contrevenu quatre fois au Code d’éthique et de déontologie des élus en divulguant le nom d’employés ayant déposé des plaintes pour harcèlement psychologique à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST).

La mairesse aurait aussi manqué à l’application de l’article 5 du Code en intervenant dans des ententes de médiation en lien avec ces plaintes pour harcèlement, sans divulguer des intérêts personnels. Elle aurait imposé son droit de veto sur des résolutions concernant ces dossiers. Selon l’enquête de la CMQ, Louisette Langlois aurait aussi refusé la signature du procès-verbal d’une réunion qui portait sur les plaintes en harcèlement psychologique. 

Pour finir, la Commission des affaires municipales allègue que la mairesse de Chandler aurait pris part, en octobre 2019, à des discussions concernant la levée du secret professionnel des avocats de la municipalité dans le cadre d’une enquête qui la concernait. Elle aurait aussi incité un citoyen à déposer des demandes d’accès à l’information à propos de factures d’avocat. Il s’agirait d’un manquement à l’article 3 du Code de déontologie municipale.

Déjà suspendue à deux reprises

Ce n’est pas la première fois que Mme Langlois se retrouve devant la Cour Municipale du Québec. En 2016, elle s’était fait suspendre à deux reprises par la CMQ pour des manquements au Code de déontologie survenus en 2012 et en 2014. Elle avait alors été suspendue de son poste de mairesse pour des durées respectives de 45 et 30 jours. 

On reprochait alors à Mme Langlois d’avoir participé aux discussions à propos de la destitution du directeur de l’urbanisme de la ville, Philippe Berger, sans divulguer ses intérêts personnels. Elle avait aussi demandé au trésorier d’ajouter 135 000 $ aux prévisions budgétaires 2014 de la municipalité sans avoir respecté la «ligne hiérarchique au sein de la Ville».

Les audiences devraient se poursuivre jusqu’à vendredi midi.