Les communautés gaspésiennes sont très dynamiques, de plus en plus de commerces poussent et des organismes s’activent. Cette énergie crée une diversité d’emplois méconnue.

La Gaspésie courtise les jeunes travailleurs

La Gaspésie compte profiter de la saison estivale pour se défaire d’une image démodée et démontrer aux Québécois que la région a beaucoup évolué sur le marché de l’emploi grâce à l’Internet et aux nouvelles technologies, au point d’être devenue, selon Stratégie Vivre en Gaspésie, très attrayante pour les jeunes professionnels et leur famille.

Une porte-parole de l’organisme, Stéphanie Collin, reconnaît que la tâche n’est pas mince pour se défaire de cette image selon laquelle on ne peut que vivre que de la pêche et du secteur éolien dans la région, une fois que la saison touristique est passée.

«On essaie de s’attaquer à certains mythes et de démontrer aux gens qu’il y a bel et bien eu du changement en Gaspésie et qu’il y a une diversité d’emplois énorme», explique Mme Collin en entrevue à La Presse canadienne. Elle souligne qu’il s’agit d’une perception erronée qui persiste même au sein des familles gaspésiennes.

«On a fait une campagne durant les temps des Fêtes qui s’adressait directement aux étudiants parce qu’ils sont encore nombreux à quitter pour leurs études puisqu’on n’a pas d’université en Gaspésie. On a fait cette campagne-là pour leur dire justement que lorsqu’ils auront terminé leurs études qu’ils pensent à un possible avenir en Gaspésie puisqu’il y a des emplois pour eux dans la région».

«La Gaspésie a changé»

À cela s’ajoute une campagne promotionnelle sur les réseaux sociaux et à la télévision qui courtise ce mois-ci les 25-45 ans des grands centres, particulièrement ceux de Montréal et Québec, ainsi que de jeunes professionnels de la région de Lanaudière. Tout ça dans l’espoir d’inciter des gens parmi eux à s’installer dans la région gaspésienne en laissant sous-entendre qu’on peut y avoir une carrière tout aussi stimulante.

«C’est pour ça que notre slogan c’est ‘’La Gaspésie a changé. Toi?’’» affirme Mme Collin qui assure que le réseau y est aussi puissant que dans les grands centres, à quelques exceptions près. Pour elle, il est même possible d’y travailler pour un employeur dont le siège social est à Montréal, avec les bouchons de circulation en moins matin et soir, sans compter la vue à couper le souffle à plusieurs endroits.

«Il y a eu beaucoup de développement d’entreprises, de développement culturel et de plus en plus de commerces qui ont poussé en Gaspésie. Les communautés sont devenues de plus en plus dynamiques et on sent une nouvelle énergie et c’est ce qu’on veut démontrer avec cette campagne», dit-elle.

Pénurie de main-d’oeuvre

«La Gaspésie ne fait pas exception», reconnaît Stéphanie Collin, qui cite notamment Emploi-Québec pour expliquer que 90 % des postes à combler dans la région sont toutefois issus de départs à la retraite.

«De nos gros employeurs, il y a entre autres le CSSS qui recrute constamment, mais il y a aussi de nombreux postes à pourvoir en éducation, en administration, en éolien et on ne peut oublier la saison touristique qui s’en vient, notamment avec tous les postes vacants de cuisiniers.»


« On essaie de s’attaquer à certains mythes et de démontrer aux gens qu’il y a bel et bien eu du changement en Gaspésie et qu’il y a une diversité d’emplois énorme »
Stéphanie Collin, porte-parole de Stratégie Vivre en Gaspésie

À elle seule, la banque d’emplois en ligne de la Stratégie vivre en Gaspésie compte 700 emplois à pourvoir, mais sa porte-parole invite les gens à se faire leur propre opinion pendant les vacances.

«S’ils pensent venir passer des vacances en Gaspésie cet été, peut-être que ça va leur donner le goût de s’y installer par la suite,» dit d’emblée Stéphanie Collin.

L’organisme Stratégie Vivre en Gaspésie est porté par une cinquantaine d’organisations partenaires, dont l’objectif est de contribuer à la croissance démographique et à l’occupation dynamique des territoires de la Gaspésie.

Elle est notamment soutenue financièrement par le gouvernement du Québec. Son ancêtre est la conférence régionale des élus (CRÉ) de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, qui a disparu du paysage québécois en même temps que toutes les autres CRÉ en 2016.