La Gaspésie connaît ses deux premiers cas de COVID-19

MATANE — Deux personnes qui habitent en Gaspésie ont été testées positivement à la COVID-19. Il s'agit des deux premiers cas à être recensés dans la péninsule.

Les individus infectés n'ont pas de lien de parenté. Le directeur de la santé publique de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Yv Bonnier-Viger, ignore cependant si ces deux personnes ont des liens sociaux ou professionnels. Ils revenaient tous deux d'un séjour à l'étranger. «Ils sont revenus de l'étranger avant les directives», précise-t-il. Ces deux personnes ont été placées en isolement à la maison pour une période de 14 jours. «Elles ne sont pas hospitalisées, elles sont chez elles avec de légers symptômes», spécifie la présidente-directrice générale du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Gaspésie, Chantal Duguay.

Selon nos informations, l'une des deux personnes atteintes du coronavirus aurait voyagé à New York avec sa famille. Comme elle est une enseignante de l'École polyvalente de Paspébiac, la direction de la santé publique du CISSS de la Gaspésie devra communiquer avec plusieurs personnes, à commencer par ses élèves. «On va évaluer avec eux leurs risques, fait savoir le Dr Bonnier-Viger. Les personnes qui ont été en contact avec un cas confirmé doivent être en isolement 14 jours après le dernier contact qu'ils ont eu avec le cas.»

Le directeur de la santé publique indique qu'il y a «beaucoup de monde qui est sur le téléphone pour s'assurer qu'on retrace tous les contacts et qu'on avertisse tout le monde […]». «On essaie d'arrêter la chaîne de transmission, continue-t-il. Mais, ça peut être compliqué parce qu'il y a beaucoup de monde qui peut avoir été en contact avec ces personnes pendant leur période de contagion.»

Désarroi

L'enseignante infectée à la COVID-19, une résidente de New Carlisle, a fait part, sur sa page Facebook, de son désarroi lorsqu'elle a reçu son diagnostic. «Comme l'annonce d'un cancer, je me suis sentie anéantie au plus haut point. Les commentaires négatifs et les préjugés ne font qu'augmenter mon stress et ne règlent en rien la situation. On vit une quarantaine en famille, et ce, depuis des jours. Nous sommes en communication avec la santé publique assidûment et nous avons à coeur la santé de toute la population en général. Plusieurs personnes dans la société sont porteuses sans même le savoir et continuent de se balader. On est dans une pandémie à laquelle tous les gens s'adaptent au fur et à mesure, même les professionnels de la santé qui en sont à leur première expérience de la COVID-19. Sachez que ma famille et moi allons sortir seulement lorsque la santé publique nous aura donné une confirmation dans les prochaines semaines. D'ici là, soyez assurés que personne n'entrera ici.» Selon elle, cette situation est, bien évidemment, très difficile à vivre pour toute sa famille.

Elle précise que ses symptômes sont très légers. «Une fièvre de 38,1 maximum et une congestion nasale similaire à une sinusite, décrit-elle. J'ai fait les démarches immédiatement lors de la première prise de température qui indiquait une légère fièvre. Après 48 heures, le résultat était déjà sorti. Avant même l'arrivée des premiers symptômes, j'étais déjà confinée à une partie restreinte de ma maison, en restant à l'écart de mes enfants et de mon chum. Chacune des personnes qui a été en contact avec moi a été avisée. J'ai une conscience personnelle et professionnelle.»

Dans un souci de protéger ses enfants qui s'inquiètent déjà beaucoup de leur mère, la dame demande aux utilisateurs de réseaux sociaux de s'abstenir de tout commentaire négatif. En contrepartie, elle remercie les gens qui ont de l'empathie à l'égard de sa situation. «C'est de ces petites attentions qu'on a besoin en ce moment», termine-t-elle.

La direction de la santé publique a refusé d'identifier le secteur de la Gaspésie où habite l'autre personne dont le test au coronavirus s'est avéré positif. «Nous, on le sait, mais on ne juge pas utile de le rendre public», a indiqué le Dr Yv Bonnier-Viger. Par ailleurs, comme dans l'ensemble du Québec, le médecin considère que les Gaspésiens appliquent les recommandations de distanciation sociale, du moins de façon générale. «Il y a toujours des anecdotes qu'on nous rapporte de gens qui respectent plus ou moins les consignes», déplore-t-il tout de même.

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LE NOUVEAU-BRUNSWICK ANNONCE SIX NOUVEAUX CAS PRÉSUMÉS À LA COVID-19

La province du Nouveau-Brunswick compte six nouveaux cas présumés de la COVID-19.

Selon les autorités, quatre des personnes touchées se trouvaient sur un navire de croisière tandis que les deux autres ont été en contact étroit avec des gens ayant voyagé.

Le nouveau décompte provincial fait état de sept cas confirmés et de dix cas probables pour un total de 17.

Par ailleurs, des résidents de l'île Campobello, au Nouveau-Brunswick, doivent traverser des sections de l'État du Maine pour accéder à la terre continentale de la province. Le premier ministre Blaine Higgs dit avoir obtenu l'assurance que toute personne ayant besoin de voyager entre l'île et la terre continentale pour des services essentiels se verra accorder le droit de le faire.

En Nouvelle-Écosse, six nouveaux cas de la COVID-19 ont été rapportés - tous en lien avec des personnes ayant voyagé.

La province a rapporté jusqu'ici neuf cas confirmés et 12 présumés de la COVID-19, pour un total de 21.

L'âge des personnes touchées varie de la fin de l'adolescence à la mi-soixante-dizaine.

«Ce n'est que le début pour la Nouvelle-Écosse et nous devons être vigilants, pratiquer une saine hygiène et la distanciation sociale, en plus de s'isoler pendant 14 jours si vous avez voyagé hors du Canada ou si vous ne vous sentez pas bien», a rappelé le médecin hygiéniste en chef de la Nouvelle-Écosse, le Dr Robert Strang, dans un communiqué.

Depuis samedi, les dentistes de la Nouvelle-Écosse ne peuvent plus pratiquer la médecine dentaire dans leurs bureaux, sauf en cas d'urgence.

Du côté de l'Île-du-Prince-Édouard, le gouvernement provincial a demandé à toute personne ayant voyagé au sein du Canada de s'isoler pour 14 jours, allant encore plus loin que la recommandation du gouvernement fédéral.

La médecin hygiéniste en chef de la province, la Dre Heather Morrison, a noté qu'il n'y avait pas de nouveaux cas à rapporter sur l'île, samedi. Il n'y a toujours que deux cas ayant été rapportés, les deux liés à des voyages.

De nouvelles mesures de dépistage ont été mises en place pour les 10 prochains jours à tous les points d'entrée dans la province, incluant à l'aéroport de Charlottetown, au pont de la Confédération, et au port liant l'Île-du-Prince-Édouard aux îles de la Madeleine par traversier, à Souris.

«Je veux clarifier que nous ne fermons pas l'aéroport, le pont ou le traversier. Nous voulons seulement être en mesure de filtrer les gens à ces points d'entrée - autant les résidents que les visiteurs», a dit Mme Morrison.

Du côté de Terre-Neuve-et-Labrador, des restrictions similaires ont été imposées à toute personne étant entrée sur le territoire de la province plus tôt cette semaine. Plusieurs exemptions ont toutefois aussi été mises en place, notamment pour les camionneurs.

La province a rapporté deux nouveaux cas probables de la COVID-19 - une femme qui revenait d'un voyage à l'étranger et une femme de retour de croisière. Le nombre de cas dans la province est maintenant de trois cas confirmés et trois cas probables. La Presse canadienne