D’un coût total de 40 millions$, le Complexe sportif Desjardins est actuellement en construction.

La crainte d’un éléphant blanc plane sur le nouveau complexe sportif de Rimouski

RIMOUSKI – Dans son budget 2018, le maire de Rimouski, Marc Parent, présente le Complexe sportif Desjardins comme «le projet d’envergure de la prochaine année». L’ex-conseiller municipal et candidat à la mairie défait, Gilles Thériault, craint que cette infrastructure ne devienne un éléphant blanc.

Estimé à 40 millions $, l’édifice actuellement en construction drainera 31,1 millions $ des 52,8 millions $ prévus aux dépenses en immobilisations pour l’année, dont environ la moitié de cette somme provient de subventions. 

Gilles Thériault, qui a été conseiller municipal de Rimouski de 1982 à 1994, appréhende que le bâtiment ne devienne un gouffre financier pour la Ville. Or, selon les chiffres avancés par le maire, la Ville devra effectivement composer avec un manque à combler annuel de 650 000 $ puisque les frais de fonctionnement sont évalués à 2,2 millions $ par année et les revenus générés pour la première année à 1,7 million $. 

Parmi les moyens pour combler une partie du déficit, la Ville retranchera les 150 000 $ qu’elle verse pour louer la piscine Pierre-Harvey, située à l’école polyvalente. «On est en réflexion pour mettre en place des mécanismes d’optimisation pour diminuer nos coûts à l’interne, apporte comme autre solution le maire Parent. En 2016, on a décrété qu’un sous par 100 $ d’évaluation irait dans un budget qui permettrait d’assumer des excédents de coûts au complexe sportif.»

«J’ai rencontré des jeunes couples lors de ma campagne, raconte aussi M. Thériault. Ils me disaient qu’ils ne l’utiliseraient pas parce qu’ils sont persuadés que ça va coûter trop cher.» Le maire pourfend cette croyance, même si aucune proposition de tarification n’a encore été proposée aux élus. «Ce sont des infrastructures qui vont être accessibles pour la population sans problème», rétorque le maire.

Pour Gilles Thériault, le projet ne bénéficie pas de l’acceptabilité sociale, ce que nie catégoriquement Marc Parent. «Il n’y a eu aucune signature au registre lorsqu’il y a eu le règlement d’emprunt, se défend l’élu. C’était vraiment un fait très rarissime pour un projet de cette envergure-là qu’il n’y ait aucun opposant et lors des périodes de questions, ça a toujours été très bien reçu. Lorsqu’il y a eu la présentation au public, ça a aussi été très bien reçu.»

Déficit de patinoires

Avec ce nouveau complexe sportif qui ouvrira ses portes en 2019, les Rimouskois disposeront de trois patinoires. Pour l’ancien conseiller municipal, c’est beaucoup trop pour la population active de Rimouski. Selon le dernier recensement de Statistique Canada, les personnes âgées de 65 ans et plus représente 24,6 % de la population de Rimouski, alors que la moyenne nationale est de 18,3 %. «En termes de demandes pour les patinoires, on est en déficit important», réplique le maire. Il donne l’exemple de l’équipe de hockey féminin du Cégep de Rimouski, les Pionnières, qui doit parcourir de 34 à 65 km pour aller pratiquer à Saint-Fabien ou à Trois-Pistoles.