L'évêque de Rimouski, Mgr Denis Grondin, se rallie à la volonté de 77 % des répondants d'un sondage de Léger Marketing qui souhaitent faire de la cathédrale de son diocèse un lieu voué à d'autres usages qu'au culte.

La cathédrale de Rimouski ne sera plus un lieu de culte

L'évêque de Rimouski a tranché mercredi matin quant au sort réservé à la cathédrale de son diocèse, qui est en désuétude depuis plus de deux ans. S'inspirant des résultats d'un sondage mené par Léger Marketing, Mgr Denis Grondin se rallie à la volonté de 77 % des répondants qui souhaitent en faire un lieu voué à d'autres usages qu'au culte. En cédant le temple à un ou à des organismes, l'édifice deviendrait la première cathédrale du Québec à être convertie à d'autres fins que religieuses.
«Dans le diocèse de Rimouski et de Québec, il y a eu quelques églises qui ont été acquises par des instances municipales et qui ont été converties en bibliothèques ou en différentes vocations, mentionne l'évêque de Rimouski. Mais pour une cathédrale, c'est la première fois au Québec!» Mgr Grondin connaît toutefois le cas d'une petite cathédrale en Espagne qui a été convertie pour en faire un lieu autre que pour le culte.
La Fabrique Saint-Germain lance donc l'appel de projets aux organismes intéressés par le bâtiment à faire connaître leurs intentions d'ici le 30 septembre. «C'est urgent, d'autant plus que la cathédrale risque de ne plus être assurable bientôt, fait savoir l'homme d'Église. Il faut que d'ici deux ans, les travaux soient complétés!»
Caractère communautaire
Mgr Denis Grondin souhaite que le projet de reconversion en soit un à caractère communautaire. «La cathédrale est un bien commun, mais aussi la maison commune, souligne Mgr Grondin. J'aime bien l'expression du pape François qui nous dit que la Terre est une maison commune. Le symbole de cette maison commune sera la cathédrale, avec une appartenance élargie à l'expression, à la création et à la dimension historique. La cathédrale nous projette dans l'avenir et non simplement dans la nostalgie, dans le passé.»
L'évêque est ouvert à différentes formes de projets porteurs pourvu qu'ils soient ouverts au plus grand nombre de gens possible. «Un projet porteur financièrement, avec un esprit de partenariat, d'éducation, de créativité et avec une mission qui passe par la mémoire», énumère Mgr Grondin. Il aimerait bien qu'un «lieu de silence» soit inclus dans le projet. «Il faudra y trouver notre place comme les autres instances», indique-t-il. Différents critères seront analysés, dont le cadre financier qui devra être réaliste. Selon le prélat, des investissements d'au moins 10 millions $ seront nécessaires aux travaux de transformation et de mise aux normes du bâtiment.
Cependant, avant d'en arriver là, le projet devra être approuvé par Rome. Mgr Grondin est sûr qu'il ne faudra que quelques mois pour que le Vatican accorde sa bénédiction à la reconversion du temple. En désacralisant la cathédrale, l'évêque de Rimouski se retrouvera sans siège, ce qui serait un autre précédent dans l'histoire religieuse du Québec. Une des quatre autres églises de Rimouski devra être désignée comme telle.