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Jules Bélanger (deuxième à partir de la gauche) est décédé au cours de la nuit de jeudi à vendredi, dans sa résidence de Gaspé. La cause de son décès n’est pas connue. Né en 1929 à Nouvelle, en Gaspésie, il a passé une grande partie de sa carrière à défendre sa région bien aimée, où il passa l’essentiel de sa vie.
Jules Bélanger (deuxième à partir de la gauche) est décédé au cours de la nuit de jeudi à vendredi, dans sa résidence de Gaspé. La cause de son décès n’est pas connue. Né en 1929 à Nouvelle, en Gaspésie, il a passé une grande partie de sa carrière à défendre sa région bien aimée, où il passa l’essentiel de sa vie.

Jules Bélanger [1929-2021]: un grand pédagogue gaspésien

Simon Carmichael
Simon Carmichael
Initiative de journalisme local - Le Soleil
Gilles Gagné
Gilles Gagné
Collaboration spéciale
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Le professeur et auteur gaspésien Jules Bélanger est décédé dans la nuit de vendredi, à l’âge de 92 ans. Grand régionaliste, le pédagogue aura été de toutes les batailles pour sa région, notamment en ce qui a trait à l’histoire et aux médias régionaux. En 2016, le gouvernement du Québec lui avait remis le prix Gérard-Morisset pour son engagement dans la sauvegarde du patrimoine.

M. Bélanger est décédé au cours de la nuit de jeudi à vendredi, dans sa résidence de Gaspé. La cause de son décès n’est pas connue. Né en 1929 à Nouvelle, en Gaspésie, il a passé une grande partie de sa carrière à défendre sa région bien aimée, où il passa l’essentiel de sa vie.

Pédagogue dans l’âme, il a enseigné la littérature, le latin et le français entre 1958 et 1987 au Séminaire de Gaspé et au Collège de la Gaspésie, aujourd’hui le Cégep de la Gaspésie et des Îles, où il était coordonnateur du Département des lettres et des arts. Il a été membre du Conseil supérieur de l’éducation entre 1981 et 1986.

Passionné par l’histoire. Jules Bélanger a fondé, avec les regrettés Claude Allard et Michel Lemoignan, la Société historique de la Gaspésie en 1962, organisme menant en 1963 à la création du Magazine Gaspésie, toujours édité aujourd’hui, par le Musée de la Gaspésie. Ce musée est parfois surnommé «le bébé à Bélanger», puisqu’il en est le fondateur. Lors d’une entrevue au Soleil en 2016, M. Bélanger affirmait que c’était sa plus grande fierté. «Il y a des dossiers qui se règlent en un, deux ou trois ans; il y en a un qui m'a pris 30, et même 40 ans: c'est le musée. Il a ouvert en 1977 après des années de travail et j'étais encore mobilisé quotidiennement il n'y a pas si longtemps.»

«C’est un grand personnage, un homme profondément attachant et un amoureux de la Gaspésie. Il a laissé beaucoup de traces», se rappelle son ami Yvan Landry, qui l’a connu en 1995. Les deux hommes étaient encore très proches, se téléphonant quelques fois par semaine. «C’est un grand homme qui s’éteint», note M. Landry.

Coauteur du document « Histoire de la Gaspésie», une synthèse de l’histoire de la région, Jules Bélanger a documenté une grande partie de l’historique de la péninsule. L’ouvrage obtient le Prix de la Société historique du Canada en 1982. Entre 1984 et 1996, il publie Gaspésie, visages et paysages, L’École détournée, Ma Gaspésie, le combat d’un éducateur et J.-Louis Lévesque, La montée d’un Gaspésien aux sommets des affaires.

En 1976, il a été défait alors qu’il s’est présenté pour le Parti québécois dans la circonscription de Gaspé. «J'ai été presque heureux d'être défait. Je constatais que nous n'avions pas de candidat. Des gens étaient approchés, mais ils refusaient à cause des conséquences sur leur clientèle. Je me suis dit : «Alors j'y vais; je n'ai pas de clients», a raconté Jules Bélanger dans une entrevue au Soleil.

À l’aube des années 70, il y a un vaste mouvement à Gaspé visant à améliorer l’offre et l’accessibilité à l’information locale. Le regroupement Diffusion Gaspésie, duquel faisait partie M. Bélanger réclamait la création d’un journal hebdomadaire local ainsi que d’une station de radio communautaire. Le journal le Pharillon est donc créé, tout comme la station Radio-Gaspésie.

L’enseignant à la retraite a aussi participé à plusieurs luttes visant à l’amélioration des transports interurbains en Gaspésie.

Le maire de Gaspé, Daniel Côté, garde le souvenir d'un homme marquant pour la région. «Monsieur Bélanger a passé sa vie à promouvoir les forces de sa Gaspésie et à en défendre les intérêts. Professeur, abbé, historien, philosophe, fondateur, auteur, visionnaire et même politicien, il a su marquer plusieurs générations par sa prestance, sa vision, sa détermination et sa soif de voir cette contrée de mers et de montagnes prendre l’envergure qui lui revient. L’image de ce grand sage restera marquée à l’encre indélébile dans notre communauté.»

Jules Bélanger laisse dans le deuil de nombreux amis et parents, dont ses deux sœurs, Angèle et Paulette, avec qui il résidait, ainsi que son frère Gilles, auteur, compositeur et interprète ayant notamment été le pivot derrière le projet musical Douze hommes rapaillés, portant sur l’œuvre de Gaston Miron.