Jacques Demers est président de la Fédération québécoise des municipalités et préfet de la MRC de Memphrémagog.

Internet: 340 000 foyers à mieux brancher

Tous les citoyens du Québec ne sont pas égaux quand il est question d’internet. Il existe en effet de nombreuses zones au sein desquelles le service internet est inexistant ou alors particulièrement lent. La Coalition avenir Québec a promis de régler les problèmes observés dans ce domaine, mais on attend toujours le plan qu’elle a promis de déposer.

« Internet, c’est notre plus gros dossier en ce moment, lance le président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), Jacques Demers. Les besoins sont importants et il y a plusieurs municipalités qui sont actuellement en démarches pour améliorer la situation sur le territoire. »

D’après les informations qui circulent, 340 000 foyers n’auraient pas accès à internet ou seraient « mal desservis » en matière de services de télécommunication à travers le Québec.

Certaines localités plus éloignées, comme La Tuque en Mauricie par exemple, sont évidemment touchées par la situation. Mais des citoyens habitant davantage près des grands centres sont également concernés.

« Par exemple, chez nous à Sainte-Catherine-de-Hatley, on a des vitesses qui ne sont pas rapides du tout avec internet. Et pourtant, on est situé entre Sherbrooke et Magog, les deux plus grosses villes de l’Estrie », remarque Jacques Demers.

Si la situation affecte directement des dizaines de milliers de Québécois, elle ralentit par surcroît le développement d’une multitude de communautés un peu partout dans la province.

« Selon ce que disent les agents d’immeuble, l’accès à internet est une des premières préoccupations des acheteurs de maison de nos jours. Mais ce n’est pas tout, parce que les entreprises s’intéressent aussi à la qualité du service, dans une région donnée, avant de s’établir dans celle-ci. Ça devient donc une question de développement des milieux », fait valoir M. Demers.

« Ça avance bien »

Jacques Demers sait fort bien que le gouvernement du Québec devra dépenser beaucoup d’argent pour faire en sorte que toutes les communautés de la province profitent d’un service internet offrant des vitesses dignes de 2019.

« Je pense que les demandes arrivent au bon moment puisque le gouvernement a de bons revenus par les temps qui courent. Par ailleurs, ce qui est intéressant pour lui, c’est que les municipalités ne seront pas toujours en demande dans ce dossier-là, ce qui fait qu’il n’aura pas à réinjecter des sommes rapidement par la suite. Ce n’est pas récurrent, si on veut le dire autrement. »

Quoi qu’il en soit, M. Demers estime que les « choses avancent bien avec le gouvernement dans le dossier de l’internet haute vitesse ». Rappelons à ce sujet que l’homme qui pilote le dossier pour Québec est nul autre que le député d’Orford, Gilles Bélanger.

« L’objectif de notre côté, c’est que tout le Québec soit couvert. Pour arriver à ça, il faudra prendre une bouchée à la fois et avoir du leadership. On a quatre ans, ou jusqu’aux prochaines élections, pour atteindre l’objectif fixé », conclut Jacques Demers.