Amanda Ottawa et Dave Condo sont agréablement surpris par le nombre d’appuis non-autochtones et extérieurs à la Gaspésie reçus en marge de la pétition antiracisme lancée dimanche.
Amanda Ottawa et Dave Condo sont agréablement surpris par le nombre d’appuis non-autochtones et extérieurs à la Gaspésie reçus en marge de la pétition antiracisme lancée dimanche.

Insultes pendant un match de hockey: forts appuis contre le racisme à l’aréna

GESGAPEGIAG — La pétition lancée dimanche par Amanda Ottawa pour contrer le racisme dans les arénas a recueilli près de 4000 signatures. Ces appuis viennent d’un peu partout au Québec, ce qui dépasse largement l’objectif initial de la résidente de Gesgapegiag, en Gaspésie.

La pétition a été lancée sur la plateforme Change.org le lendemain d’un match de hockey opposant les Chiefs de Gesgapegiag aux Goons de Chandler, dans un tournoi amical tenu à l’aréna de Paspébiac. Lors du match et dans les minutes suivantes, des propos racistes ont été proférés à l’endroit des joueurs micmacs de Gesgapegiag. «Au début, je veux viser la Gaspésie parce que je veux que le racisme cesse dans nos arénas, mais je vois que ce n’est pas juste en Gaspésie que ça répond à un besoin. Dans Lanaudière, c’est tout le temps. Ce serait super que le mouvement s’étende. Hockey-Québec aussi est visé dans la pétition», précise Amanda Ottawa, une infirmière de profession.

Son conjoint, Dave Condo, qui a joué dans le match de samedi, rappelle aussi que l’objectif du couple, c’est d’abord de convaincre les conseils municipaux de la Gaspésie d’adopter un code antiraciste dans les arénas, «mais de fil en aiguille, on voit bien que d’autres endroits embarquent».

Il a d’ailleurs entamé des démarches pour que le conseil de bande de Gesgapegiag adopte une résolution afin d’établir un contact avec les municipalités. «Je vais envoyer une lettre de notre équipe pour demander l’appui du conseil de bande. Un conseiller de Gesgapegiag va m’accompagner avec la résolution et ce sera plus facile de rencontrer et convaincre les conseils municipaux d’adopter une politique antiraciste dans les arénas. Je veux qu’ils embarquent dans mon autobus», dit-il.

Le couple a reçu des appuis de non-Autochtones et, notamment, d’Autochtones de Kahnawake, qui se font aussi cibler régulièrement autour de Montréal quand ils jouent au hockey. «Ils se font traiter d’hosties de sauvages. Il faut que ça arrête. Mais ça fait du bien [pour les Autochtones] d’en parler. On ne garde plus ça en dedans, comme avant. Le chef John Martin a reçu un courriel d’un jeune de la France pour faire un match avec notre groupe. Avec la SQ, on parle de jouer une game antiraciste à la fin de mars, probablement à Paspébiac. Ça va commencer à bouger la semaine prochaine, physiquement. Là, c’est par écrit que ça marche», souligne Dave Condo.

Le responsable des Goons de Chandler, Félix Albert, a reconnu lundi que les propos tenus par certains joueurs de son équipe étaient inacceptables.