Les Madelinots réclament au gouvernement un «corridor de passage» pour maximiser le nombre de touristes pour la période estivale. 
Les Madelinots réclament au gouvernement un «corridor de passage» pour maximiser le nombre de touristes pour la période estivale. 

Îles-de-la-Madeleine: «Corridor de passage» réclamé jusqu’au traversier de Souris

Quelques arrêts au Nouveau-Brunswick pour manger, mettre de l’essence, peut-être dormir une nuit. Et le droit de rouler sur les routes de l’Île-du-Prince-Édouard. C’est tout ce que les Madelinots demandent pour que les touristes québécois puissent accéder au traversier de Souris et se rendre aux Îles-de-la-Madeleine, cet été. Les routes de l’Île-du-Prince-Édouard sont toujours fermées aux visiteurs de l’extérieur, alors que le Nouveau-Brunswick accepte d'ouvrir les siennes.

«On a reçu, l’an dernier, 70 000 touristes. On avait fixé, pour des raisons sanitaires, cette année, un plafond de 35 000 visiteurs. Donc moitié moins de visiteurs cette année. Les anticipations qu’on a en date d’aujourd’hui sont de l’ordre de 19 000 visiteurs. Et ça continue de baisser tant et aussi longtemps que le gouvernement n’a pas signifié son intention de régler ce litige avec les provinces voisines», a déclaré le député provincial des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, jeudi.

L’élu du Parti québécois estime que l’affaire n’est pas d’une grande complexité et que le premier ministre François Legault n’a besoin d’y mettre qu’un peu du sien pour régler le problème. Pour l’instant, à Québec, ce dossier réside entre les mains de Sonia LeBel, la ministre de la Justice, mais aussi ministre responsable des Relations canadiennes.

«Ce n’est pas la négociation d’une entente internationale sur les droits commerciaux! C’est strictement basé sur la bonne foi de donner une autorisation de circuler sur les routes du point A au point B», résume Arseneau.

«L’Île-du-Prince-Édouard, ça prend 1 h 50 min à traverser. Il n’y a aucune raison qu’on arrête, si ce n’est pas permis d’arrêter. Pourquoi est-ce qu’on ne pourrait pas transiter à travers l’île? Le problème, il est réglé de facto si on demande à l’île la permission de passer sur ses routes pour se rendre jusqu’au port de Souris.

«Au Nouveau-Brunswick, à peu de choses près, c’est le transit, quelques arrêts de ravitaillement pour l’essence, pour la nourriture et un coucher. C’est déjà à peu près le système pour les gens qui oeuvrent dans la chaîne d’approvisionnement, les camionneurs peuvent déjà le faire. Qu’on ajoute une circulation de quelques milliers de voitures pour l’été», a réclamé le député des Îles.

«On faire monter le dossier au plus haut niveau et vraiment mettre en place des solutions concrètes qui passent par des restrictions aux arrêts, mais un corridor de passage qui soit balisé. Je pense qu’on peut y arriver en quelques heures tout au plus.»

Les deux autres premiers ministres provinciaux, Blaine Higgs (N.-B.) et Dennis King (Î.-P.-E.), se sont montrés ouverts aux discussions. Jeudi, à Fredericton, M. Higgs s'est dit d'accord avec le principe. Reste à convaincre M. King, du côté de Charlottetown. 

L’option de Gaspé écartée

Le traversier prend cinq heures à faire le trajet entre Souris (Î.-P.-E.) et Cap-aux-Meules (QC). Un plan temporaire d’un départ de Gaspé a été mis de côté, parce qu’avec la zone du golfe à vitesse limitée à cause de la fréquentation des baleines, le trajet aurait pris 12 heures.

«La Santé publique a estimé qu’à 35 000 visiteurs, on pouvait continuer de se développer sur le plan économique et ne pas se refermer sur nous-mêmes et se recroqueviller en petite boule pour les deux prochaines années. C’est ce qu’on essaie d’éviter, explique M. Arseneau.

«Il y a plus du quart de la population active [des Îles] qui gagne son revenu du tourisme. Là, la question qu’on se pose, c’est : les 94 millions $ de revenus [en tourisme] qu’on a aux Îles-de-la-Madeleine, s’ils nous échappent, quels sont les régimes de compensation qui vont permettre à ces milliers de familles de passer à travers l’année? On parle de 1750 individus qui travaillent dans le domaine, 400 entreprises, qui ont des frais d’exploitation à défrayer et qui, actuellement, ont une perspective de zéro revenu pour la prochaine année. La saison touristique, elle dure deux mois.

«La volonté des gens, des travailleurs de l’industrie touristique et des entrepreneurs des entreprises, c’est d’aller chercher le meilleur d’une saison touristique qui va être catastrophique, mais de tirer son épingle du jeu. Et la compensation viendra ensuite. Là, actuellement, on ne parle pas de compensation stricte. On parle de pouvoir travailler et ensuite vérifier le manque à gagner. Moi, je ne veux pas qu’on se tourne vers des compensations sans se mettre en action», résume le député péquiste.