L'île Brion

Île Brion: solidaires pour exhorter les gouvernements à agir

Dans un rare élan de solidarité, une dizaine d'organismes aux points de vue souvent divergents demandent aux gouvernements d'agir rapidement afin de remettre en état l'île Brion, aux Îles-de-la-Madeleine, reconnue comme réserve écologique. Ils souhaitent également que la chasse aux phoques soit permise sur une partie de son territoire.
«C'est exceptionnel que tous ces gens-là se soient concertés autour d'une même table et qu'on en arrive à un point d'ancrage qui consiste à dire que le statu quo à l'île Brion n'est pas soutenable, indique le directeur général de la Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec), Alain Branchaud. C'est un obstacle à plusieurs projets de développement économique et d'aire protégée aux Îles-de-la-Madeleine. On demande que les gouvernements du Québec et du Canada investissent pour être au rendez-vous des promesses qui ont été faites au moment où cette réserve écologique a été créée en 1984.»
M. Branchaud rappelle qu'un accès à l'île et un programme éducatif devaient être mis en place. «Les infrastructures ont été laissées à l'abandon, déplore-t-il. Ça devient difficile et dangereux de se rendre sur l'île.»
Diminuer les colonies de phoques
La colonie de phoques gris aurait explosé au cours des dernières années. D'une cinquantaine qu'ils étaient en 2010, ils seraient aujourd'hui de 6000 à 10 000 aux abords de l'île. L'Association des chasseurs de phoques intra-Québec (ACPIQ) a déposé un projet de recherche scientifique visant à permettre la chasse au phoque dans un secteur restreint de la réserve écologique. Bien qu'il ait bénéficié de l'appui de la communauté scientifique et de la population madelinienne, il a été rejeté par Québec. Certains de leurs membres ont aussi été poursuivis pour chasse illégale sur l'île Brion.
«On a fait nos efforts pour faire comprendre au ministère de l'Environnement que la gestion du phoque devenait un problème environnemental, raconte le directeur de l'ACPIQ, Gil Thériault. Comme ils ne voulaient rien entendre, on s'est retirés du dossier. Le Ministère a l'air de nous voir comme des capitalistes sauvages et barbares. Mais les groupes environnementaux trouvent, eux aussi, que ça n'a pas de bon sens.»
La diminution de la colonie de phoques est aussi souhaitée par les pêcheurs madelinots puisqu'en plus de consommer une grande quantité de poissons, ils brisent leurs engins de pêche et mêlent bouées et cordages.
Ouverture à discuter
Au ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, on se dit ouvert à discuter avec les partenaires. D'ailleurs, il est prévu que le sous-ministre associé à l'Environnement, Patrick Beauchesne, débarque sur l'archipel au courant des prochaines semaines afin de rencontrer les intervenants du milieu.
«Une action concertée des différents partenaires régionaux est l'objectif à atteindre, indique l'attachée de presse, Émilie Simard. Le gouvernement ne souhaite pas changer le statut de réserve écologique ni modifier ses limites puisqu'elle protège des habitats représentatifs et des espèces exceptionnelles à l'échelle du Québec.»
L'Association des chasseurs de phoques a fait savoir qu'elle ne prendrait pas part à la rencontre.