Claude Bureau, sa conjointe Lucille Roy et le directeur du parc, Rémi Plourde, célèbrent la désignation de la principale falaise de Miguasha du nom du regretté René Bureau.

Hommage au «père» de Miguasha

La direction du Parc fossilifère de Miguasha, en Gaspésie, désigne officiellement son principal gisement de fossiles «Falaise René-Bureau», afin de rendre hommage au géologue autodidacte ayant milité pendant 35 ans pour que le gouvernement du Québec protège un site paléontologique de classe mondiale.
Cette désignation survient à peine un an après le décès de René Bureau, à 101 ans et deux mois, le 10 septembre 2016 à Québec, et 80 ans après sa première visite à Miguasha, en octobre 1937. Il avait dès lors constaté la richesse du site, visité par des paléontologues et géologues de partout au monde depuis 1842.
Le gouvernement québécois n'a acheté qu'en 1972 les terrains identifiés par M. Bureau. Cette zone est devenue un parc de conservation en 1985.
«C'était prévu qu'un jour, ça se ferait. Déjà, l'ancien directeur du parc, Marius Arsenault, avait dit, lors de l'été 2000 : «Un jour, René, les falaises porteront ton nom». C'était l'été suivant l'obtention par le Parc de Miguasha du statut de site du Patrimoine mondial de l'UNESCO, en 1999», précise Claude Bureau, fils de René.
René Bureau a aussi reçu un doctorat honorifique de la Société des géologues et un autre diplôme remis par Parcs Canada pour sa contribution extraordinaire à la paléontologie et la géologie.
«Il n'avait même pas un diplôme de sixième année. Il s'est construit avec une persistance dans l'effort remarquable. Il s'est fait traiter de fou avec ses "maudits fossiles", et là, on peut voir ce que c'est devenu», raconte Claude Bureau, avec émotion.
Les falaises de Miguasha renferment des milliers de fossiles. On estime à 16 000 ou 17 000 le nombre de fossiles qui ont été extraits de ce lieu depuis 1842, dont 7000 qui ont été acheminés partout dans le monde avant que les falaises soient protégées.
Certains des spécimens trouvés à Miguasha sont déterminants pour comprendre le passage de la vie marine à la vie terrestre, et on y compte des poissons-amphibiens vieux de 380 millions d'années, parfois plus. René Bureau constatait avec déception entre 1937 et 1972 que les fossiles de Miguasha étaient parfois mieux connus en Suède, en Angleterre, aux États-Unis et en Australie qu'au Québec.
Un arbre
Lors d'une courte cérémonie tenue récemment, Claude Bureau et le directeur du parc de Miguasha, Rémi Plourde, ont de plus planté un arbre en l'honneur de René Bureau, et une partie des cendres du défunt ont été enfouies dessous.
René Bureau avait été dépêché à Miguasha en 1937 après le passage des géologues Léo-Georges Morin et J. W. Laverdière, qui avaient informé le ministère québécois «des Mines et des Pêcheries» de la nécessité de mieux connaître ce lieu. M. Bureau est revenu à Québec avec des caisses de fossiles. Il est aussi revenu à Miguasha.
«Ses vacances annuelles débutaient ici. Il est venu ici en voyage de noces! Pour moi, Miguasha, c'est devenu un frère, à cause de l'importance que ça occupait dans les activités de la famille!» conclut Claude Bureau.