Des élus des circonscriptions de Matane-Matapédia et de Gaspé considèrent la décision d'instaurer un service d'hémodialyse à Rivière-du-Loup inéquitable et partisane.

Hémodialyse à Rivière-du-Loup: décision inéquitable et partisane, déplorent des élus

Même s'ils se disent contents pour les gens de Rivière-du-Loup, certains élus à l'est de Rimouski dénoncent la décision de Québec d'instaurer un service d'hémodialyse dans la circonscription du député-ministre Jean D'Amour. Ils considèrent cette décision inéquitable et partisane, puisque certains de leurs concitoyens doivent parcourir jusqu'à 1500 km par semaine pour obtenir leurs traitements à Rimouski ou à Chandler.
Les frais d'immobilisation pour l'implantation du service sont évalués à 4 millions $ et les coûts récurrents à 672 000 $ par année. «D'où va venir le financement, au moment même où on opère des compressions sur tout le territoire? s'interroge le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé. Est-ce que les compressions ont servi à se donner une marge de manoeuvre pour cette annonce?»
Le député est également surpris que la présidente-directrice générale du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS), Isabelle Malo, fasse référence à des promesses électorales libérales pour appuyer sa demande. «Il y a confusion des genres», estime M. Bérubé. Il y voit aussi une certaine iniquité. «Pourquoi ça serait pas acceptable pour les gens de Rivière-du-Loup de faire 100 km vers Rimouski, mais que ça le serait pour les gens de Matane?» demande-t-il encore.
Son homologue de la circonscription de Gaspé n'est pas moins déçu. «Des gens de Grande-Vallée et de Sainte-Anne-des-Monts doivent faire cinq heures aller-retour pour suivre leurs traitements à Chandler ou à Rimouski et on instaure un nouveau service à une heure de Rimouski et à proximité de Québec, s'étonne Gaétan Lelièvre. C'est difficilement explicable.» 
Pétition de 11 000 noms
Le parlementaire rappelle qu'il a déposé une pétition de 11 000 noms, à l'automne, pour revendiquer l'ajout de services d'hémodialyse en Gaspésie. «C'est presque un revers et une insulte aux citoyens de mon comté», va-t-il jusqu'à dire.
Le député croit que le premier ministre, le commissaire à l'éthique et le Vérificateur général devraient être saisis du fait qu'un CISSS use d'engagements politiques partisans. «C'est une gestion partisane des fonds publics, analyse-t-il. C'est du favoritisme!»
Pour le préfet de la Haute-Gaspésie, l'endroit idéal pour ajouter un service d'hémodialyse devrait être Sainte-Anne-des-Monts, à mi-chemin entre Grande-Vallée et Matane. «Le service d'hémodialyse à Rivière-du-Loup, c'est parce que M. D'Amour y est député et qu'il veut se faire réélire», croit Allen Cormier.