Le procès de Richard Bélanger, un enseignant accusé d’agressions et de contacts sexuels sur une personne de moins de 16 ans, s’est terminé mercredi au palais de justice de Sainte-Anne-des-Monts.

Gestes à caractère sexuel: le sort de l’enseignant Richard Bélanger entre les mains du juge

SAINTE-ANNE-DES-MONTS — Le procès de Richard Bélanger, un enseignant accusé d’agressions et de contacts sexuels sur une personne de moins de 16 ans, s’est terminé mercredi au palais de justice de Sainte-Anne-des-Monts. Le tribunal a pris la cause en délibéré. Le juge Jules Berthelot rendra sa décision le 28 février.

Au jour 2 de son témoignage, Richard Bélanger est venu raconter sa descente aux enfers dans les jours qui ont suivi l’événement pour lequel un élève de l’École Gabriel-Le Courtois de Sainte-Anne-des-Monts a porté plainte. Celui-ci est survenu le 7 juin 2018, alors que l’homme était seul avec l’adolescent à qui il n’enseignait pas, mais dont il se considérait comme «quelqu’un en qui il avait confiance, un modèle». Ce jour-là, l’enseignant cumulant 28 ans d’expérience a raconté que comme le jeune souffrait d’anxiété, il l’aidait à préparer un exposé oral en français. Selon son récit, l’homme de 55 ans était de dos à l’élève et lorsqu’il s’est levé, il a perdu l’équilibre et est tombé sur lui, les deux poings sur ses cuisses. «C’est accidentel», a-t-il affirmé.

Le lundi suivant, alors que l’élève devait présenter son exposé oral en français, il apprend qu’il est absent. Il appelle chez lui et tombe sur sa mère qui lui répond qu’il doit bien savoir pourquoi son fils est absent. «Je me suis dit que j’allais avoir une plainte pour voie de fait parce que j’étais tombé sur lui, a-t-il interprété. Après ça, je ne me souviens plus de rien.» Ce n’est que 48 heures plus tard qu’il reprend ses esprits. Il était hospitalisé en psychiatrie à l’hôpital. Il y demeurera 10 jours pour dépression majeure.

«Je quitte l’hôpital et, à peine une heure après, la Sûreté du Québec arrive chez nous, relate-t-il. Ils m’amènent au poste.» Dans sa déposition, l’adolescent lui reproche d’avoir touché ses parties génitales. «C’est le moment le plus marquant de toute ma vie personnelle et professionnelle», a-t-il laissé tomber, enfilant les verres d’eau l’un après l’autre tout au long de son témoignage.

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LA CRÉDIBILITÉ DU PLAIGNANT MISE EN DOUTE

La Défense a remis en question la crédibilité du plaignant et la fiabilité de son témoignage. L’avocat suppose que si l’élève a déposé sa plainte le lundi suivant l’événement reproché à son client, c’était pour ne pas se présenter à son exposé oral qui le terrifiait et pour lequel il n’était pas prêt. Me Yves Desaulniers a aussi allégué que le témoignage de la mère du plaignant contredisait celui de son fils sur certains points. Il a demandé au juge de tenir compte de la condition de santé de son client.

«Nous sommes devant des témoignages contradictoires, a fait valoir Me Florence Frappier-Routhier du côté du ministère public. M. nous dit avoir eu peur d’être accusé de voie de fait, alors qu’il dit que l’événement est un accident. M. nie l’évidence.» Quant au témoignage du garçon, elle le qualifie de «franc, vraisemblable et direct».

Elle considère aussi que «son plongeon» sur l’adolescent n’est pas réaliste. «Ça prend une symétrie pour tomber sur le jeune homme, avance la procureure de la Couronne. Ce n’est pas non plus dans nos réflexes de tomber sur les poings.»