Environ 250 personnes ont participé samedi matin à la première manifestation du mouvement La planète s’invite au parlement, à Maria, en Gaspésie.

Gaz à effet de serre: manifestation en Gaspésie pour presser Québec à agir

MARIA – Environ 250 personnes ont participé samedi matin à la première manifestation du mouvement La planète s’invite au parlement, à Maria, en Gaspésie. Les marcheurs ont exigé des actions politiques afin d’enclencher de réels changements collectifs visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre au Québec.

Le temps maussade, une neige mouillée soufflée par de forts vents, n’a pas atténué l’enthousiasme de la foule. Une bonne douzaine de personnes ont spontanément pris la parole à mi-chemin de la marche. Les commentaires allaient de la critique aux suggestions en passant par les encouragements et les questions.

Benoit Trépanier, l’un des organisateurs du rassemblement, a notamment rappelé que l’avenir prévisible doit servir à trouver des solutions aux questions que les gens se posent.

«Est-ce que nous pouvons utiliser l’avion deux fois par année? Non, mais les grands-parents de mes enfants sont en France. Est-ce qu’on peut avoir deux autos par famille? Non, mais on les a. Qu’est-ce que je fais?», a-t-il demandé.

Bilbo Cyr, environnementaliste de tous les combats dans la Baie-des-Chaleurs, a noté qu’il «est rassurant de voir autant de monde prêt à se mouiller pour l’environnement. Vous étiez où quand la cimenterie a ouvert? (…) Mais je suis rassuré de vous voir là». Il faisait allusion à l’ouverture en 2017 de la cimenterie de Port-Daniel, le plus grand émetteur de gaz à effet de serre industriels au Québec.

Hélène Leclère, de Maria, a souligné qu’il «va falloir casser notre habitude d’acheter des choses inutiles. Si vous avez envie d’acheter quelque chose, attendez une semaine. C’est incroyable le nombre de choses dont on peut se passer quand on attend une semaine».

Une concitoyenne, Monique Audet, a insisté sur le fait que «la Gaspésie est aux premières loges pour voir les effets des changements climatiques. La mer envahit notre territoire. Ce n’est pas quand tu vas être mort qu’il va falloir agir».

Le biologiste et photographe Hugues Deglaire, de Matane, a de son côté mis l’accent sur la nécessité de protéger l’eau, compte tenu que le Québec et le Canada recèlent respectivement 8% et 35% des réserves d’eau douce mondiale.

«S’il y a un danger imminent, c’est la fracturation hydraulique. C’est de la saloperie. C’est 575 produits chimiques, dont le benzène, l’un des pires polluants (…) Il ne faut pas être négativiste, mais il fait en être conscient», a-t-il indiqué.

Ex-journaliste maintenant avocat, Alexis Deschênes, de Carleton, a cité Gandhi pour faire valoir que «le pouvoir, c’est le nombre multiplié par la volonté. Dans la Baie-des-Chaleurs, on a le nombre et la volonté (…) Sur le plan climatique, changer les choses peut être le plus beau des projets collectifs». Il a de plus passé un message pour favoriser le covoiturage.

L’environnementaliste Pascal Bergeron a quant à lui invité les citoyens à faire pression sur les élus pour que des projets de transition vers des moyens à faible empreinte de carbone soient implantés.

«La transition, ça se fait très peu à l’échelle des municipalités, des collectivités. Les gestes individuels, ce n’est pas assez. Ça va prendre des comités citoyens permanents en transport, en aménagement urbain. C’est un chantier fantastique, la transition», a lancé M. Bergeron.

Déçue de la faible participation des élus municipaux à la marche, Cathie Belley, de Maria, a encouragé les participants à s’informer auprès de leurs maires et conseillers. «Demandez-leur où ils étaient, aujourd’hui».

Un seul maire a levé la main dans l’assistance, Mathieu Lapointe, de Carleton-sur-Mer